Délivrance par Fedrigo

Envoyé spécialen FranceEric de Falleur
Délivrance par Fedrigo
©AP

Plus de six ans que Bernaudeau attendait qu'un de ses coureurs gagne sur le Tour

Classements et résultats de l'étape

GAP Depuis un peu plus de six ans qu'elle existe, d'abord sous l'appellation Bonjour, puis La Boulangère et désormais Bouygues Telecom, jamais un coureur de la formation de Jean-René Bernaudeau n'avait enlevé une étape du Tour de France. Depuis hier, la lacune est comblée car Pierrick Fedrigo s'est imposé à Gap, au terme de la 14e étape, marquée par la chute dramatique de Rik Verbrugghe, victime d'une fracture du fémur.

"Ça va évidemment rester un grand moment", expliquait le vainqueur du jour peu après l'arrivée. "Même si on avait déjà porté le mail-lot jaune deux fois (NdlR : François Simon, trois jours en 2001, et Thomas Voeckler, dix jours en 2004), c'est le premier succès d'étape de l'équipe sur le Tour de France. Nous étions venus pour ça puisque nous n'avons pas de grand leader pour le classement général. Nous avons réussi notre Tour. Notre objectif, c'était de nous glisser dans les coups, de nous mêler aux échappées et d'essayer qu'elles aillent au bout. Jusqu'à présent, ça ne nous avait pas trop réussi au point qu'on se posait parfois la question de savoir si certains ne roulaient pas derrière nous uniquement pour nous voir perdre."

Car dans le peloton, l'équipe de Jean-René Bernaudeau passe depuis toujours pour une formation au discours antidopage ferme et les Bouygues n'ont certainement pas que des amis. Les affirmations sur un cyclisme à deux vitesses et les récentes déclarations de Jérôme Pineau ou de Didier Rous, à la suite de l'affaire de Madrid, ont d'ailleurs dû faire encore grincer quelques dents.

Hier, l'ancien champion de France (2005), petits-fils d'émigrés italiens qui s'installèrent dans le Lot-et-Garonne, a réussi la course parfaite tout en étant un peu aidé par la chance ou plutôt la malchance qui élimina, à 37 km du but, trois des six échappés, Verbrugghe, Canada et Kessler. "J'étais dans la roue de Rik quand nous sommes arrivés dans un virage. La route était défoncée et il a été emporté vers le rail. Il a freiné mais a bloqué sa roue arrière, un peu comme Beloki, il y a trois ans, également dans cette étape de Gap. J'ai touché son vélo mais j'ai pu éviter la chute. Après, ça nous a un peu refroidis et gênés car nous n'étions plus que trois à rouler et le peloton revenait fort."

Pour le Français, il convenait encore de se débarrasser de Mario Aerts et, surtout, de Salvatore Commesso, double vainqueur d'étape du Tour, en 1999 (Albi) et en 2000 (Fribourg). "Je savais que Commesso est très rapide et je voulais tenter de le lâcher", rapporta encore Fedrigo. "J'ai accéléré dans le col mais seul Aerts a lâché. Alors, je l'ai joué au bluff et je suppose qu'il s'est senti le plus costaud. Je devais préparer mon sprint correctement et l'ai négocié à la perfection en restant dans sa roue jusqu'à 200 m de la ligne et je l'ai dépassé au dernier moment. Ce n'était pas facile car les autres revenaient très forts. C'est peut-être mon tempérament, plutôt timide et réservé, qui m'a aidé, j'ai pu rester calme."



© La Dernière Heure 2006


Le Tour en surchauffe
C'est avec une satisfaction non dissimulée que le peloton goûtera à une seconde journée de repos très attendue et bien méritée à Gap, avant d'aborder les Alpes et le sprint final vers Paris. Depuis vendredi, la canicule à laquelle il échappait presque par miracle depuis Strasbourg a fini par rattraper le Tour et rendu un peu plus pénible tout ce qui s'y entreprend. Il fallut du courage samedi aux cinq hommes qui s'échappèrent à 210 km de Montélimar où Voigt, vainqueur, et Pereiro, futur nouveau maillot jaune, parvinrent avec quasiment une demi-heure d'avance sur un peloton normalement hors délais. Pour préserver ses troupes, Landis avait laissé filer le maillot jaune à son ex-équipier, histoire de se décharger d'une partie du boulot, hier, sur la route de Gap. Les Phonak durent s'employer pourtant en début d'étape quand s'échappa un groupe dans lequel Sastre, Boogerd, Moreau, Zubeldia et Karpets avaient pris place. Ces gros bras rendus à la raison, six hommes, moins dangereux, sortirent à leur tour et, agréable surprise, parmi eux deux Belges, Rik Verbrugghe et Mario Aerts. Nos compatriotes avaient alors une chance sur trois d'enlever enfin une étape mais Verbrugghe chuta lourdement et la guéguerre Davitamon-Quick Step eut pour effet de sortir le peloton de sa torpeur car Boonen fit rouler ses hommes derrière l'échappée, de manière étonnante si l'on voit qu'à l'arrivée, le premier Quick Step est 51e à plus de deux minutes de Fedrigo.



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