Le chagrin des Belges !

Ph. V.H.

Fémur cassé pour Verbrugghe, journée terrible pour Gilbert

Envoyé spécial en France Philippe van holle

GAP Il devait être écrit quelque part que cette étape entre Montélimar et Gap serait maudite pour les Belges. Outre les velléités non récompensées de Mario Aerts (voir ci-contre) et la terrible journée vécue à l'arrière de la course par Philippe Gilbert, Rik Verbrugghe allait connaître un destin plus noir encore. Alors qu'il faisait partie d'un groupe d'échappés, en compagnie notamment de Mario Aerts, Verbrugghe aborda une courbe trop rapidement et bascula au-dessus du rail de sécurité. Aerts parvint à se récupérer de justesse, alors que, derrière lui, Canada et Kessler s'accrochaient et allaient au sol eux aussi.

Canada était relevé avec une fracture de la clavicule mais notre compatriote, lui, ne se relevait pas du tout. "Je me trouvais dans son sillage et j'ai vu Rik glisser de la roue arrière", expliquait Aerts à même la ligne d'arrivée. "Il a réussi à contrôler sa machine avant qu'elle ne reparte une deuxième fois, toujours de l'arrière. J'ai eu de la chance de pouvoir l'éviter tout en conservant mon équilibre."

Le Dr Porte tentait de rassurer les journalistes belges qui l'attendaient à Gap. "Verbugghe est resté conscient tout le temps de l'intervention, disait-il, mais il a une fracture (non ouverte) du fémur gauche et présentait des coupures un peu partout s ur le corps. Il a été transporté au CHU de Gap."

Son directeur sportif, Francis Van Londerseele, avait la tête des mauvais jours. "Sa saison est évidemment d'ores et déjà terminée mais Rik va bien, pour autant que l'on puisse dire cela d'une personne qui vient de se fracturer le fémur. Je l'ai eu au téléphone, et ses premières pensées allaient à son épouse que notre médecin d'équipe s'est empressé d'appeler pour la rassurer sur l'état de santé de son mari. Le revêtement du virage dans lequel notre coureur est tombé était en mauvais état. J'ai constaté que l'asphalte de celui dans lequel avait chuté Beloki, en 2003, a été renouvelé mais, apparemment, il y en a encore quelques-uns à remettre en état !"

Pour Philippe Gilbert, l'histoire du jour est heureusement moins dramatique. Sans aucune force hier, le Liégeois a été très rapidement lâché. Il a effectué près de 100 km seul, devant la voiture-balai. "Moi, je lui tire un grand coup de chapeau", nous confiait Madiot venu, en personne, attendre son coureur, qu'il embrassa dans le cou lorsqu'il franchit la ligne, 32 minutes après le vainqueur, tout en lui murmurant des paroles d'encouragement. "Il n'y a pas que les victoires dans la vie d'un coureur, il y a aussi des moments très difficiles com-me ceux-là. Mais ça forge le caractère d'être 100 km, seul, dans le dur !"



© La Dernière Heure 2006

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