''J'ai su tout de suite !''

PHILIPPE VAN HOLLE

Sur son lit d'hôpital, Rik Verbrugghe, dont le contrat chez Cofidis a été prolongé jusqu'en 2008, nous raconte son accident !


GAP Cela peut paraître paradoxal mais Rik Verbrugghe a le moral ! Malgré une fracture compliquée du fémur gauche, malgré une opération de trois heures afin de réduire la fracture et de placer un clou (c'est le mot utilisé par le médecin de Cofidis) pour solidariser les différents morceaux d'os cassés.

L'oeil vif, la voix assurée alors qu'on aurait pu la croire chevrotante après un tel traumatisme, Rik a raconté par le détail le drame qu'il a vécu ce dimanche 17 juillet.

"Je me sens franchement bien, après cette opération de trois heures", confiait-il hier, sur le coup de 13h30. "Ce ne fut pas une intervention aisée mais elle s'est très bien passée. J'ai reçu toutes les garanties quant à une guérison maximale et définitive. De ce côté-là, je suis entièrement rassuré. Je reviendrai plus fort qu'avant à la compétition. Je ne compte pas arrêter ma carrière sur un tel accident. D'ailleurs, j'ai le soutien total de l'équipe Cofidis; avant même l'opération, Eric Boyer, le manager de notre formation, était venu me trouver pour me dire qu'il prolongeait mon contrat d'un an supplémentaire, autrement dit jusqu'à la fin 2008. On est content de ma saison chez Cofidis et cette prolongation est une belle marque de confiance. Cela me le moral. Ce qui m'est arrivé, au fond, n'est qu'un épisode malheureux de la vie. Il faut être capable de laisser cela derrière soi pour mieux repartir de l'avant. Dans deux jours, je rentrerai en Belgique par avion. Dans un premier temps, je serai à l'hôpital du Bois de l'Abbaye, à Seraing, puis je rentrerai chez moi. "

Le coureur de Hélécine est toujours demeuré parfaitement conscient après sa terrible cabriole, dont il se souvient dans les moindres détails.

"Contrairement à ce qu'on pourrait croire, je ne suis pas arrivé trop vite dans ce virage à droite, dit-il. Mais il y avait un renfoncement dans l'asphalte et, lorsque je l'ai traversé, j'ai été déporté vers l'extérieur. J'ai vu le rail se rapprocher, je l'ai longé un moment, puis j'ai heurté un des poteaux verticaux de soutien " (NdlR : ceux que, par exemple, tous les motards redoutent et qui sont responsables de tant de décès chez les deux-roues motorisés). "En passant par-dessus le rail, j'ai ressenti le choc avec ce poteau et j'ai tout de suite su que ma jambe était brisée. Je suis retombé dans des buissons plein d'épines et je me suis demandé comment on allait me sortir de là. Dans la tête, aujourd'hui, je garde l'image de ce poteau qui se rapproche. Cet accident est regrettable, d'autant que j'étais persuadé que j'allais la gagner, cette étape. Je me sentais bien, plein de forces, et j'avais un plan pour attaquer dans la finale. Je ne dis pas que je l'aurais emporté à coup sûr mais au moins, je m'en sentais capable... "

Ce sont, sans doute, les semaines et les mois à suivre qui seront les plus difficiles à supporter. Parce qu'une rééducation n'est jamais aisée à vivre, qu'on a toujours des moments de faiblesse, lorsqu'on constate, par exemple, que les choses se passent moins bien que prévu.

Rik sait déjà à quoi s'attendre. "Le chirurgien qui m'a opéré m'a parlé de 45 jours pendant lesquels je ne pourrai pas poser le pied à terre. Le même laps de temps sera nécessaire à la rééducation active (je pourrai alors marcher !) et il faudra donc compter de trois à six mois, selon les circonstances, pour que je me remette à la compétition. Mais je suis confiant. Je n'ai d'ailleurs qu'une seule envie : reprendre mon métier dans les plus brefs délais !"

C'est en tout cas tout ce qu'on lui souhaite.



© La Dernière Heure 2006

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