Merckx, l'équipier plus que parfait

PHILIPPE VAN HOLLE

Axel a emmené son leader Floyd Landis vers le maillot jaune


L'ALPE-D'HUEZ Il a terminé 18e, à un peu moins de trois minutes de Frank Schleck, mais même ce bon classement est accessoire. Axel Merckx était surtout heureux d'avoir servi de rampe de lancement à son leader, Floyd Landis. Sur la ligne, alors que l'Américain était emmené vers le podium, avant même d'avoir pu remercier son équipier exemplaire, c'est l'épouse de Landis qui vint adresser un grand "Thank you" à Axel pour le travail qu'il avait effectué. Et pas seulement dans l'ultime ascension !

Axel, en effet, avait eu la chance d'intégrer une échappée qui lui permit d'être à l'avant de la course au moment où Landis avait besoin de lui. "C'était le mot d'ordre lancé par John Lelangue à la réunion tactique du matin. Il fallait quelqu'un de chez nous dans chacun des coups. Lorsque j'ai vu une opportunité de m'insérer dans une échappée matinale (NdlR : au km 28), je n'ai pas hésité une seconde. En outre, comme je n'étais pas mal classé au général, je n'ai pas dû fournir beaucoup d'efforts en tête. Pour moi, c'était de toute évidence la meilleure des tactiques, parce que je savais que si j'arrivais au pied de l'Alpe-d'Huez avec le groupe des favoris du Tour, je ne pourrais sans doute pas suivre leur cadence et je serais alors inutile pour mon chef de file. J'ai toujours été très bien informé de ce qui passait derrière moi. Quand j'ai entendu que Landis avait accéléré pour lâcher quelques-uns de ses rivaux, j'ai temporisé et pris un rythme qui me permettait déjà de récupérer un peu de mes efforts et d'avoir ainsi de l'énergie lorsque Floyd reviendrait sur moi. Il n'empêche que j'ai été quelque peu surpris par la vitesse avec laquelle il est rentré ! Lorsque je l'ai vu arriver à ma hauteur, j'ai dû piquer un petit sprint pour le rattraper. Ensuite, j'ai donné tout ce que j'avais dans le ventre pendant trois kilomètres. "

Axel est aux anges et se plie de bonne grâce aux demandes d'interviews qui se multiplient. "J'ai été engagé chez Phonak pour faire ce que j'ai accompli aujourd'hui", poursuit celui dont la femme et les enfants avaient fait le déplacement jusqu'ici pour l'encourager. "Savoir qu'une équipe croit en moi, qu'un leader croit en moi, cela décuple mes forces. C'est le rôle que j'ai toujours voulu avoir dans une équipe, celle de premier lieutenant. Avec certains (NdlR : il veut dire avec Armstrong), cela n'a jamais pu se faire. Landis est un chouette gars. Le voir en jaune me procure une grande joie, une énorme satisfaction. Aujourd'hui, je pense avoir justifié mon contrat. Mais le Tour n'est pas fini et j'espère pouvoir aider Floyd ainsi jusqu'au bout. "



© La Dernière Heure 2006

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