Klöden va devoir attaquer

E. d.F.

S'il veut gagner, l'Allemand doit passer à l'offensive aujourd'hui



LA TOUSSUIRE Plus person- ne n'osant se risquer au jeu des pronostics dans ce Tour complètement débridé, Valerio Piva, le patron de la T-Mobile, se montrait prudent, hier soir, quelques instants après l'arrivée d'une étape qui avait conforté son leader, Andreas Klöden, dans la peau de vainqueur possible du Tour 2006.

Deuxième il y a deux ans derrière Armstrong, Klöden est le seul coureur de cette édition à être jamais monté sur le podium final, à Paris. Mais s'il veut faire mieux qu'alors, le copain de Jan Ullrich, originaire de l'Allemagne de l'Est lui aussi, va devoir se faire violence aujourd'hui à l'occasion de la troisième et dernière grande journée dans les Alpes.

"On a fait une belle opération, avec l'élimination surprenante de Landis, mais rien n'est encore joué", expliquait Valrio Piva. "Tout peut encore changer demain (aujourd'hui) vers Morzine. Il y a Pereiro, bien sûr, avec Sastre et Klöden, mais il y a d'autres candidats au podium qui doivent aussi chercher à faire basculer la course."

L'ancien lieutenant de Moreno Argentin, qui vit depuis de nombreuses années en Belgique, dans le Limbourg, où il a épousé la fille de l'ancien coureur Ivo Molenaers, sait que beaucoup de choses dépendent de cette 17e étape, Saint-Jean-de-Maurienne-Morzine, avec ses quatre cols et non des moindres.

"Ce Tour n'avait pas de patron et il n'en a toujours pas, dit l'Italien. Sauf que plusieurs ont disparu, mais il en reste encore. Klöden était fort au-jourd'hui (hier), il a peut-être commis une petite erreur en ne répondant pas à l'attaque de Sastre mais on avait été un peu échaudé par le déroulement de la deuxième étape des Pyrénées quand il avait perdu du temps dans la finale. Nous avions alors déjà payé une fois en attaquant, on n'a pas voulu revivre cela."

Comme beaucoup, le directeur sportif de T-Mobile commence à se poser des questions quant aux chan- ces réelles d'Oscar Pereiro de conserver le maillot jaune jusqu'à Paris. "Sastre n'est pas aussi fort que Klöden contre la montre, dit-il, et on pourrait attendre le chrono de samedi sans trop bouger mais Pereiro a une belle avance. Il faudra absolument lui reprendre du temps avant le contre-la-montre. Sinon, on ne lui refera jamais plus de deux minutes, d'autant plus qu'il sera motivé par le maillot jaune. On a fait un gros cadeau à Pereiro, et on n'a rien à se reprocher. Ce jour-là, nous ne pouvions rouler avec Phonak. On venait d'avoir le maillot jaune avec Honchar pendant plusieurs jours quand personne ne nous avait aidés. Et en plus, nous n'étions que sept sur ce Tour; on ne peut pas tout contrôler. J'ai aussi pensé que s'il avait perdu vingt-sept minutes dans les Pyrénées, ce n'était pas trop grave, mais jamais je n'aurais fait un cadeau aussi énor-me. Si Pereiro passe Joux-Plane et l'étape qui vient, il peut gagner le Tour."



© La Dernière Heure 2006

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