Pereiro se replace

Philippe Van Holle
Pereiro se replace
©AP

Résultats, classements et 17e étape en direct
L'Espagnol rigole en repensant à la demi-heure qu'on lui a laissé prendre lors de la treizième étape


LA TOUSSUIRE Oscar Pereiro se marrait bien en prenant place, hier, à la table d'interview, sachant exactement la première question qu'on allait lui poser : les favoris de ce Tour n'avaient-ils pas commis une erreur en lui permettant d'intégrer une échappée fleuve samedi dernier ? "Je crois que les Phonak n'avaient pas trop le choix", fusait la réponse, comme s'il l'avait soigneusement préparée. "Ils n'étaient tout simplement pas assez forts pour supporter longtemps tout le poids de la course. L'étape d'aujourd'hui (NdlR : d'hier, donc) le prouve à suffisance. Par contre, je crois sincèrement que les T-Mobile ont fait une erreur en me laissant prendre tant de champ. Vous savez, j'étais venu sur ce Tour pour être le premier lieutenant de Valverde. On sait ce qui est arrivé à notre leader (NdlR : fracture de la clavicule) mais en ce qui me concerne, j'avais malgré tout l'ambition de faire au moins aussi bien dans cette édition que dans celle de l'an dernier, lorsque j'avais terminé dixième du classement final. Je me suis préparé avec méthode et conscience mais j'ai vécu un moment difficile dans les Pyrénées. Malgré cela, en rentrant à l'hôtel, le soir de ma défaillance, après la grande étape pyrénéenne, j'avais rassuré mes équipiers en leur disant que j'étais sûr de pouvoir faire mieux ensuite et, notamment, de gagner au moins une étape. Je ne pensais pas qu'à la faveur d'une seule échappée, j'allais complètement me replacer au classement général. Depuis mon premier jour en jaune, mon moral est remonté au zénith."

Pereiro n'est pas homme à bâtir des châteaux en... Espagne ! Il se montre, au contraire, on ne peut plus prudent pour la suite des événements. "Vraiment, je vous le demande, après l'étape de mardi, qui aurait pu prévoir que Landis prendrait une telle gifle ? interroge-t-il. Pour tous, il était plutôt confortablement installé à la tête du classement. Et le voilà relégué très loin ! Nous vivons un Tour complètement fou, où chaque jour apporte son lot de surprises. Demain (NdlR : lisez aujourd'hui), cela pourrait arriver à un autre, ou à plusieurs autres. C'est encore une étape terrible qui nous attend."

En cela, le nouveau maillot jaune a raison. Ce jeudi, c'est un program-me démentiel qui est proposé aux rescapés du peloton, avec trois cols très sérieux (Les Saisies, Les Aravis et la Colombière) avant le plus dur de tous : le redoutable Joux-Plane, qui monte pendant plus de 17 km mais dont on ne prend généralement en compte que les 12 derniers, à 8,5 % de pente moyenne. Joux-Plane, c'est un monstre, le seul col que redoutait Lance Armstrong, le seul d'ailleurs qui fit (quelque peu) vaciller l'Américain de son piédestal, dans le Tour 2000. C'est simple, à côté de Joux-Plane, dont la difficulté principale consiste dans le fait qu'il y est impossible d'y tenir un rythme constant (car le pourcentage de pente chan-ge tout le temps !), la montée de l'Alpe-d'Huez est un jeu d'enfant ! Ce sera l'ultime difficulté de ce Tour mais elle pourrait réserver de très grosses surprises !



© La Dernière Heure 2006


Ce Tour est tout à fait fou !
Ce Tour est fou ! Il reste quatre étapes, dont deux rendez-vous importants, aujourd'hui en direction de Morzine (avec les cols des Saisies, des Aravis, de la Colombière et de Joux-Plane) et samedi, le chrono de Montceau-les-Mines (57 km). C'est dire si on approche du dénouement et pourtant, personne ne peut prédire ce qui va se produire d'ici à dimanche, sur les Champs-Élysées. Au lendemain de l'étape de l'Alpe-d'Huez, qui lui avait permis de retrouver le maillot jaune et, croyait-on, de conforter sa position de manière définitive, Floyd Landis est passé au travers, hier, sur la montée finale vers La Toussuire. À treize bornes du sommet de la verdoyante station alpine (inédite au Tour), l'Américain a subitement perdu pied et n'a pu répondre à une accélération de Carlos Sastre.

Tous les autres favoris se trouvaient là, dans un groupe de poursuite lancé derrière Michael Rasmussen, lequel a gagné l'étape et conquis, définitivement sans doute, le maillot à pois. Landis a concédé dix minutes et perdu toute chance d'enlever le maillot jaune, retourné sur les épaules d'Oscar Pereiro. L'Espagnol, auquel le peloton, et singulièrement les Phonak, avait offert le maillot samedi en direction de Montélimar, possède aujourd'hui près de deux minutes d'avantage sur Sastre et un peu plus encore sur tous les autres. S'il ne perd pas du terrain aujourd'hui, l'Espagnol pourrait être, dimanche, un des plus surprenants et inattendus vainqueurs de l'histoire du Tour de France.

ERIC DE FALLEUR

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