18e étape - Matteo Tosatto: diplômé, mention épicurien

Portrait du vainqueur de l'avant-dernière étape de vendredi

MACON Avec sa victoire dans la 18e étape du Tour de France, l'Italien Matteo Tosatto, à la réputation de bon vivant, a obtenu son diplôme dans la course-reine du cyclisme que son premier entraîneur avait appelé "l'université du coureur".

"Je suis désormais licencié", plaisantait Tosatto à l'arrivée, n'oubliant pas le conseil de Giancarlo Ferretti, quand il avait signé son premier contrat professionnel avec l'équipe MG-Technogym, en 1997: "Tu dois veiller très vite à courir le Tour de France, car c'est l'université du coureur".

Le rush victorieux du Vénétien sur les bords de Saône a donc une signification tout particulière pour cet athlète de 73 kilos, répartis sur 1,81 m.
La vie sourit d'ailleurs à l'enfant de Castelfranco (nord de l'Italie), ville du peintre Giorgione. Il est d'une famille aisée, couvée par le paternel, Franco, chef d'entreprise dans le bâtiment. Il est devenu riche et l'heureux époux d'une avocate, Elisa, amoureuse de la Toscane.

Trois jours maillot rose du Giro en 2000 et Matteo s'achetait une Porsche grise rutilante. Pour le "fun" et pour en jeter. Sans doute, celle-ci était-elle bercée par la musique de U2, de Robbie Williams et de rockeurs italiens, qu'il apprécie particulièrement.

Rétrogradé

Bref, le héros de Mâcon, terre de vins comme chez lui à Villa di Riese, pays du Prosecco (vin blanc pétillant) et du pape Pie X, est un jouisseur, souriant et appréciant la galéjade. Il a d'ailleurs dû apprécier le clin d'oeil ironique à son passé: lui, l'ancien maçon, a gagné à... Mâcon.

Hélas, une ombre vient ternir son visage d'épicurien: on le dit susceptible.
Matteo est aussi homme pragmatique. Un sou est un sou, une lire est une lire et des montagnes d'euros un quotidien amélioré. Ainsi s'est-il laissé séduire par les sirènes de la Quick Step lorsqu'on lui a proposé bien plus que son traitement à la Fassa Bortolo.
Il y était pourtant bien. Au début sprinteur en chef, il est ensuite devenu poisson-pilote de l'homme qui lui lançait le sprint, l'intrépide Alessandro Petacchi. Ferretti avait noté que Tosatto n'arrivait plus à remonter Petacchi et l'a un jour convoqué pour lui signifier un changement de décor: il rétrogradait d'un cran au profit de celui qui allait devenir "Ale-jet".

Tosatto n'en a pas pris ombrage. Bien au contraire. Il entretenait de bons rapports avec Petacchi. Il s'est entretenu avec le Ligurien de son possible départ pour des cieux belges. "Vas-y, Matteo", lui a dit ce dernier.
Il s'en est donc allé cet hiver, sans remords, chaviré par l'accueil que lui a fait Tom Boonen ayant depuis quitté la Grande Boucle. "Je suis content que tu viennes parmi nous", lui a simplement dit le champion du monde.

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