Les T-Mobile ont eu peur !

Ph. V.H.

Presque tous savaient que les Phonak allaient tenter quelque chose, et pourtant...

MÂCON C'est Landis qui l'affirmait hier matin : "Je n'ai caché à personne que j'allais tenter une grande échappée mais beaucoup ont essayé de me décourager en me disant que j'étais fou. Je leur ai alors dit qu'il n'avait qu'à boire tranquillement leur Coca mais que ma décision était prise. J'y allais !"

Ce qu'on ne sait pas en Europe, c'est que Landis n'en était pas à son coup d'essai en matière d'échappée fleuve. Dans les courses américaines, il a déjà réalisé des raids identiques, notamment dans les montagnes Rocheuses. Mais les grands spécialistes du Tour, au sein du peloton, considéraient que ce n'était pas réalisable dans la plus grande épreuve du monde. Ils se trompaient. Chez T-Mobile, on reconnaît qu'aucune tactique n'avait été prévue pour la dernière étape alpestre. Ce qui ne nous surprend guère de la part de la formation allemande.

"Tactique ?" interrogeait Michael Rogers, arrivé à plus de 12 minutes de Landis, "pas vraiment ! Nous étions persuadés que tout se jouerait dans la dernière montagne."

Comme à chaque fois ! C'était compter sans l'audace de Landis... qui, lui, avait justement spéculé sur la passivité des troupes (et le terme est voulu car le peloton agit souvent comme une armée soumise où on laisse à une toute petite minorité le soin de penser !). Les T-Mobile avaient aussi manifestement peur de Joux-Plane. "C'était l'ascension la plus difficile de tout le Tour", expliquait encore Rogers, "et elle était programmée alors que nous vivions l'une des journées les plus chaudes de ces trois semaines ! Ce n'était pas le bon jour du tout !"

Sauf pour Landis qui n'avait peur ni de la succession des difficultés ni de la chaleur (il prit un soin fou à s'hydrater autant qu'à s'asperger d'eau pendant toute sa chevauchée fantastique). "Landis m'a vraiment impressionné, continuait Rogers. Rebondir comme il l'a fait après avoir connu une défaillance, c'est grand. Je le félicite. Quand je l'ai vu démarrer dans le premier col, je n'en ai pas cru mes yeux, ses équipiers filaient un train d'enfer et lui, il est sorti comme une moto ! En montée, à 40 à l'heure ! Il fallait le faire ! Dans notre équipe, en plus, nous savions qu'Andreas (Klö-den) n'était pas dans un très bon jour. Moi non plus du reste. Nous n'avions pas d'autre solution que de temporiser et espérer que Landis faiblisse en fin de parcours. Mais nous aussi, on a dû se battre toute la journée pour aller au bout !"



© La Dernière Heure 2006

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