"85 km/h à 90°, impossible !"

Ph. V.H.
"85 km/h à 90°, impossible !"
©EPA

Tom Boonen n'a pas pu sprinter à cause d'une chute qui s'est produite devant lui à 500 m de la ligne

ENVOYÉ SPÉCIAL EN FRANCE PHILIPPE VAN HOLLE

MONTPELLIER Il avait sans doute l'occasion, hier, de tuer, quasi définitivement, le suspense pour le gain du maillot vert mais le sort en a voulu autrement. Boonen devra remettre le couvert, peut-être aujourd'hui, pour essayer de se mettre à l'abri d'un éventuel retour, au classement par points d'Erik Zabel, piégé par la bordure des Astana, ou de Robert Hunter, vainqueur à Montpellier, dans une arrivée qui semblait dessinée pour lui. À notre grand étonnement, le sprinter de l'équipe Quick Step, à sa descente de podium, abordait les journalistes avec un sourire qui, pourtant, n'était pas tout à fait de circonstance. "Bah !" lâchait-il d'abord, alors qu'on lui faisait remarquer qu'il avait vraiment laissé passer une belle opportunité. "En fin de compte, je trouve que je m'en sors encore bien. Avec un peu de malchance, je me serais retrouvé à terre avec une clavicule cassée. Toutes mes illusions seraient alors parties en fumée. Plus de vert ni de victoire, plus rien. "

N'oubliait-il pas un peu vite tout le travail effectué par ses équipiers, pour tenter de créer un écart sur le deuxième groupe, où se trouvait Zabel ? "Je n'oublie rien du tout mais je tente de positiver. On ne peut pas toujours réussir ce qu'on entreprend. Ça, mes équipiers le savent aussi bien que moi. Jusqu'à cinq cents mètres du but, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Je devais être en 8e ou 9e position quand Julian Dean est parti à la faute. Il faut dire que rouler à 85 à l'heure dans un virage à 90 degrés, c'est impossible ! Façon de parler, bien entendu, mais il allait vraiment trop vite ! Ensuite, il est resté tellement longtemps allongé devant ma roue qu'il aurait fallu que je lui passe sur le ventre pour continuer. Pourtant, je savais bien que chaque point comptait, puisque Zabel ne se trouvait pas dans notre groupe. Mais bon, dans pareille situation, je reste généralement assez calme. Et puis, je ne suis pas du genre à marcher sur les au- tres en ne pensant qu'à ma cause."

C'est tout à son honneur mais cela montre aussi la confiance qui l'habite pour le moment.

"Attention, poursuivait-il, je sais très bien que si j'avais gagné aujourd'hui (NdlR : lisez hier), et je crois réellement que c'était possible, j'aurais accompli un grand pas vers la conquête définitive du mail- lot vert. Mais quand les circonstances sont contre vous, il faut se taire et accepter. Si j'avais gagné à Montpellier, j'aurais pu jouir d'une étape tranquille, ce vendredi, en route pour Castres. Au lieu de ça, je vais encore passer une journée de m... à devoir faire attention à tout. "

À ce titre, Boonen et ses équipiers avaient fait preuve d'une belle lucidité lorsque les Astana ont lancé leur bordure. "On a tout de suite vu que Zabel était piégé et j'ai alors dit à Steegmans, à De Jongh et à Rosseler, qui se trouvaient à mes côtés, de collaborer avec Vino et compagnie. Tout ça pour rien, en fin de compte et, demain (NdlR : donc aujourd'hui), ça recommence. Mais c'est le Tour ! " En effet...



© La Dernière Heure 2007

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be