Barloworld : équipe cosmopolite et éclectique

Julien Gillebert

Invitée surprise sur le Tour, cette équipe compte déjà deux succès d'étape !

MONTPELLIER La présence de Barloworld sur le Tour de France est apparue pour certains comme une surprise. Même si depuis l'éviction annoncée d'Unibet.com et la victoire de Robert Hunter au Tour de Picardie, une course organisée par ASO, la société du Tour de France, la présence sur la Grande Boucle de Barloworld semblait de plus en plus évidente. Surtout que cette équipe continentale, classée 2e à l'Europe Tour (principalement grâce à Hunter, 2e en individuel derrière l'espoir Maarten Maaskant), a une licence basée en Angleterre, d'où partait ce Tour de France 2007...

"Nous sommes une équipe à connotation internationale", raconte le directeur sportif Valério Tebaldi, un ancien coureur qui compte deux victoires d'étape au Tour de France, en 1988 et en 1989. "Il est parfois compliqué de parler à tout le monde en même temps, comme il y a un Anglais, un Sud-Africain, trois Italiens, deux Colombiens, un Russe et un Biélorusse ! Mais la plupart des coureurs parlent italien. Soit parce qu'ils sont italiens, soit parce qu'ils habitent ou courent depuis longtemps en Italie, comme nos Colombiens. Et puis, il y a l'Anglais."

Cette formation, sponsorisée par un groupe industriel sud-africain qui emploie 26.000 personnes dans le monde, repose d'ailleurs sur la vélocité de son leader, Robert Hunter, originaire d'Afrique du Sud, qui s'est imposé hier. "Nous comptons clairement nous montrer avec cette grande vitrine qui s'offre à nous", précise encore le manager Claudio Corti. "D'abord au sprint avec Robert Hunter, tandis que Degano, qui est rapide aussi, a dû abandonner sur chute."

En début de Tour de France, Valério Tebaldi avait d'ailleurs pronostiqué, au niveau du classement par points, une victoire finale de Robert Hunter devant Erik Zabel ! "Il a déjà participé à six Tours de France. Il est résistant, très rapide et, surtout, en très bonne condition."

Moins du 1/5 du budget de T-Mobile !

"Mais nous avons d'autres atouts, avec des baroudeurs (Alexander Efimkin, Cheula, Longo ou l'ancien champion du monde espoirs Konstantin Siutsiou), des jeunes comme Geraint (cet Anglais est le benjamin du Tour, âgé de 21 ans) et des grimpeurs, avec Soler (vainqueur de la 9e étape) et l'expérimenté Cardenas, qui a déjà gagné une étape sur le Tour. Nous pouvons nous montrer partout."

Le maillot à poiscomme nouvel objectif

Ce doublé de Barloworld, qui dispose d'un budget de 2,5 millions d'euros, soit bien peu par rapport aux grosses armadas du ProTour (15 millions pour T-Mobile, 12 pour Astana, 9 pour Quick Step et Discovery Channel), rappelle l'intérêt de lancer des équipes continentales dans le Tour, toujours motivées à l'idée de venir titiller les grandes équipes. "Avec le circuit fermé que veut l'UCI pour le ProTour, Barloworld serait restée à la maison", souligne d'ailleurs Jean-François Pescheux, le directeur de course du Tour.

Or elle vient de remporter deux étapes et est encore bien en course pour viser le maillot vert avec Hunter et le maillot à pois avec Soler, qui peut encore avoir en tête le maillot blanc...



© La Dernière Heure 2007

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