"Une belle aventure humaine"

Philippe Van Holle

Serge Seynaeve, ancien équipier de Luc Leblanc, est motard pour ASO

MONTPELLIER Voilà huit ans qu'il est motard au Tour et, depuis quelques éditions, il forme une paire unie autant qu'efficace avec le photographe d'ASO Jean-Christophe Moreau. Pour Serge, ancien coureur pro chez Histor Sigma, il ne serait quasi pas envisageable de faire l'impasse sur le Tour.

"C'est devenu une sorte de classique pour moi. En plus, les places sont chères ici. Si on manque une année, on n'est pas sûr de pouvoir revenir la fois suivante." Grâce à sa Kawa , Serge dispose aujourd'hui d'un gros moteur et peut faire partie de toutes les échappées sur le Tour ! À l'époque où il faisait partie du peloton, c'était plus difficile.

"Ça, vous pouvez le dire" , confie Serge en partant d'un grand éclat de rire. "J'ai eu beau intégrer une bien jolie formation, qui recensait des gars comme Luc Leblanc, Herman Frison, Etienne Dewilde ou Jan Nevens, je ne peux pas dire que j'étais à leur niveau. Voilà pourquoi je n'ai sans doute tenu que deux ans chez les pros. Je n'avais tout simplement pas les jambes."

Aujourd'hui, ce dynamique négociant en vin apprécie, à sa juste valeur, les piges qu'il effectue pour la Société du Tour mais aussi pour la RTBF et pour No Télé. "Ça me permet de changer de vie, le temps d'un jour, d'une semaine ou d'un mois comme sur la Grande Boucle. C'est un passe-temps passionnant, grâce auquel je me rends parfois dans des lieux où je ne serais jamais allé en simple touriste. Je pense par exemple au Qatar mais aussi, grâce au Tour, à tous ces splendides petits villages de France par lesquels la course passe et où l'on a parfois le bonheur de passer une nuit."

"Des clins d'oeilaux coureurs belges en course"

En tant que motard, Serge a aussi la chance de vivre la course de l'intérieur. A-t-il déjà assisté, au coeur du peloton, à des gestes ou à des pratiques douteuses, voire interdites ? "Noooon" , répond illico l'ancien pro, avec un sourire banane ! Pas sûr que, de toute façon, il nous dirait la vérité, mais laissons-lui la présomption d'innocence ! "Ce qui me plaît, en effet, c'est de vivre l'action là où elle se déroule. On peut dire, de fait, que nous sommes des intimes du peloton. On ressent la même ferveur qu'eux lorsque, le long des routes, ils sont acclamés par le public. On voit tout de suite quand un coureur est en forme. De même lorsqu'il est moins bien. Comme je suis belge, je me glisse parfois auprès d'un compatriote, on échange un clin d'oeil (comme souvent avec Philippe Gilbert), un petit signe, et puis on les laisse faire leur boulot."

Les journées de Serge et de Jean-Christophe sont longues, comme celles de presque tout le monde sur le Tour. La vie nocturne de la caravane publicitaire, il ne connaît pas vraiment. "Il convient d'être en forme, dès le matin, sur la moto, engin avec lequel on n'a jamais droit à l'erreur. Et cela, d'autant plus que j'ai un passager. Je regrette un peu les nombreux changements de tête au niveau des suiveurs. Avant, il y avait nettement plus d'ambiance entre nous. Il y a certains jeunes qui s'y croient un peu trop, parfois..."

Mais ça ne l'empêchera pas de refaire acte de candidature pour de nombreux Tours encore...



© La Dernière Heure 2007

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