De la bêtise humaine...

BILLET D'HUMEUR PH. VAN HOLLE

Le Tour est-il en train de courir au suicide ? Et cela malgré la volonté évidente des organisateurs à vouloir sortir de l'impasse ? Pour l'instant, il arrive, tout juste, à maintenir la tête hors de l'eau. Christian Prudhomme, pour sa première Grande Boucle en tant que directeur général, a vraiment fort à faire. Le moins que l'on puisse écrire est qu'il a tout de suite été mis dans le bain, le bain poisseux de ces fameuses affaires qui minent le cyclisme depuis un bout de temps; celles-là mêmes qui avaient presque dégoûté son prédécesseur, Jean-Marie Leblanc. En voilà un qui doit se dire qu'il n'est pas mécontent d'avoir pris sa retraite, tout en regrettant que son épreuve, celle aux destinées de laquelle il a présidé si longtemps, soit à nouveau le théâtre de scandales presque dignes de ceux qu'il a lui-même connus, comme, en 98, avec l'affaire Festina. Depuis, les choses ont changé certes, mais pas pour tout le monde. Vous nous direz que c'est déjà ça... et vous aurez raison. Mais ce n'est pas suffisant. Certaines mentalités ont évolué, plutôt dans le bon sens, d'autres, au contraire, sont restées les mêmes, n'ont pas changé d'un iota. Et sur ce Tour, on voit clairement la différence entre les deux, comme entre un petit plateau et un grand. Entre les deux, notre chaîne, malheureusement, déraille. Le problème aujourd'hui, c'est qu'on trouve pas mal d'adeptes de l'ancienne façon de voir les choses dans les premiers du général, et ça, ça ennuie beaucoup les grands décideurs du Tour. Ils n'ont clairement pas envie de se retrouver dans une position plus ou moins similaire à celle de l'année dernière. D'autant que, cette fois, les soupçons sont apparus en cours même de Tour, renforcés par la décision d'une fédération nationale danoise qui sanctionne son coureur des mois à l'avance, tandis que, en 2007, ils avaient (un peu) été pris par surprise, en apprenant le test positif à la testostérone de Floyd Landis alors que le grand chapiteau du Tour venait à peine d'être replié. Du coup, quand on est sur place, on flaire le malaise, on sent que des choses se trament en coulisses. Comme lorsque le manager des Rabobank, le matin d'une étape de montagne (hier en réalité), a rendez-vous avec le big boss du Tour... et qu'il sort de cette réunion, l'air sombre, la tête rentrée dans les épaules comme s'il n'avait plus de cou, comme s'il n'était plus fier du tout. Que va-t-il se passer ? Impossible de le dire. Peut-être rien, pour l'instant. Peut-être en apprendra-t-on davantage dans trois semaines ou dans six mois, c'est devenu une mauvaise habitude en cyclisme. Comment donc sortir de ce casse-tête ? Faudra-t-il que tout explose pour qu'on puisse reconstruire sur des ruines ? Mais la reconstruction, alors, sera longue, très longue. Pourquoi diable les hommes doivent-ils toujours aller à la catastrophe avant de comprendre...



© La Dernière Heure 2007

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