La dernière échappée de Stablinski

Quentin Finné (avec Reuters)

L'ancien champion du monde et directeur sportif de Van Impe avait découvert la tranchée d'Aremberg

BRUXELLES Jean Stablinski est mort dimanche à 75 ans des suites d'une longue maladie. Coureur malin et rapide, il s'était construit l'un des plus beaux palmarès du cyclisme français dans les années 50 et 60 avant d'être le premier directeur sportif de Bernard Hinault. Né dans le village nordiste de Thun-Saint-Armand de parents polonais, il avait été naturalisé français à 16 ans, quelques années avant d'entamer sa carrière. Equipier notamment de Jacques Anquetil dont il a été l'un des plus fidèles complices, il avait la particularité de sentir la course mieux que personne, de choisir les hommes l'accompagnant dans les échappées pour mieux les battre.

C'est dans les courses d'un jour qu'il a signé le plus d'exploits, un titre de champion du monde en 1962, quatre titres nationaux, Paris-Bruxelles (1963), le Grand Prix de Francfort et le Trophée Baracchi avec Jacques Anquetil (1965) et l'Amstel Gold Race (1966). Il avait aussi gagné le Tour d'Espagne (1958), mais son grand regret restera de ne pas avoir réussi à vaincre dans Paris-Roubaix.

En 1969, il avait été le premier directeur sportif de Lucien Van Impe. "C'est avec lui que j'ai signé mon premier contrat", se souvient le dernier vainqueur belge du Tour. "Quatre jours plus tard, j'étais engagé sur ma première Grande Boucle. Jean était vraiment un second père pour moi. J'ai couru six saisons sous ses ordres, et c'est lui qui m'a guidé lors des premiers pas dans le cyclisme professionnel. Il était toujours à l'écoute de ses coureurs et sentait la course comme personne. Je lui dois beaucoup et je conserverai un immense respect pour ce grand monsieur. Je l'avais rencontré pour la dernière fois l'année dernière lors du trentième anniversaire de ma victoire au Tour. Sa santé périclitait déjà ... "Il dirigea aussi Bernard Hinault.

Au cours de sa retraite, dans le nord, il n'avait cessé de dénicher de nouveaux secteurs pavés pour permettre à Paris-Roubaix de survivre à l'urbanisation. Il avait notamment trouvé la fameuse tranchée de Wallers-Arenberg. Dès 14 ans, il avait travaillé comme mineur dans le centre minier jouxtant cette voie. Le cyclisme, auquel il s'est toujours senti redevable, lui a permis de modifier son destin.



© La Dernière Heure 2007

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