Douche froide pour HTC-Columbia

Quentin Finné
Douche froide pour HTC-Columbia
©DEMOULIN

L’équipe de Monfort utilise des piscines d’eau à 14°C pour favoriser la récupération

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BORDEAUX Sur le parking de l’hôtel de la formation HTC-Columbia, un camion est le théâtre d’un étrange manège. La carcasse fourbue par plusieurs heures d’effort, les coureurs s’y engouffrent pour en ressortir revigoré une quinzaine de minutes plus tard. “Il s’agit du véhicule abritant notre principe d’ice pooling” , détaille Marcelo Bartoli, le soigneur détaché à la préparation de ces bains d’eau froide. “Trois piscines gonflables sont reliées à une pompe chargée de refroidir la température de l’eau jusqu’à 14°C, instant où le procédé est optimalisé.”

Les médecins des équipes HTC-Columbia et Cofidis (qui utilise le même procédé) ont accepté de nous détailler l’intérêt du processus.

1. Propriétés anti-inflammatoires : “Le froid a la capacité de réduire les inflammations, que celles-ci soient tendineuses ou musculaires”, détaille Jacky Maillot, le docteur de la formation Cofidis. “Quand un coureur a une petite douleur, on l’invite généralement à poser une poche de glace sur la zone qui lui fait mal. Ici, c’est son corps entier que le sportif plonge dans le froid.”

2. Diminution des œdèmes : “La position d’un cycliste n’est pas naturelle et celle-ci est souvent prolongée puisqu’un coureur la maintient parfois plus de six heures sur le Tour de France”, explique encore Jacky Maillot. “La circulation sanguine n’est pas optimale et cela peut entraîner de la rétention d’eau que nous cherchons à atténuer grâce à la technique de l’ice pooling.”

3. Abaissement de la température corporelle : “Les températures sous lesquelles les coureurs produisent leurs efforts depuis le début de ce Tour sont très élevées”, argumente Helge Riepenhof, le médecin de l’équipe HTC-Columbia. “L’organisme doit produire un effort pour diminuer cette température corporelle. Le mécanisme est accéléré avec le bain froid et le corps se fatigue donc moins vite. Les coureurs trouvent ensuite le sommeil plus facilement.”

4. Principe de vasoconstriction:  “Ce que l’on recherche ici, c’est une amélioration du retour veineux”, poursuit Helge Riepenhof. “Ce mécanisme biologique a pour but l’élimination des toxines renfermées dans l’organisme et qui nuisent à un fonctionnement musculaire optimal.”

Les coureurs semblent conquis par l’apport de cette nouvelle technique. “Les premières minutes ne sont pas agréables”, rigole Maxime Monfort. Nous nous plongeons dans ces bains dès notre arrivée à l’hôtel pour une durée de dix minutes. Cela peut paraître quelque peu masochiste, mais une fois que cela ne fait plus mal, il est temps de sortir de la piscine... La plupart des coureurs ont adopté le procédé, convaincus de son intérêt dans la récupération. Un élément crucial sur une course de trois semaines.”



© La Dernière Heure 2010

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