Du sang, de la sueur et des larmes

Du sang, de la sueur et des larmes
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La troisième victoire d’Alberto Contador a été la plus difficile à conclure


Chattez ce mardi à 13 heures avec notre expert, Philippe Van Holle sur Le Tour 2010
PARIS Alberto Contador a rejoint hier notre compatriote Philippe Thys, le Français Louison Bobet et l’Américain Greg LeMond, tous trois triples vainqueurs de la Grande Boucle. A 27 ans, l’Espagnol s’est porté à hauteur de ce prestigieux trio, il a désormais en point de mire un quatuor plus légendaire encore constitué par les quintuples vainqueurs, Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain.

Le Madrilène peut désormais songer à les rejoindre un jour, mais il sait surtout, depuis ces derniers jours, qu’il devra réellement compter avec Andy Schleck dans le futur. Samedi, dans le long chrono couru sur les routes du Médoc, la suprématie du coureur d’Astana a longtemps été mise à mal par la surprenante performance du Luxembourgeois qui, aux environs de la moitié de l’étape était revenu quasi à égalité avec l’Espagnol avant de baisser pavillon lentement mais sûrement.

Contrairement à l’an dernier, où il était apparu bien plus fort physiquement que ses adversaires, mais avait dû batailler sur le terrain psychologique, Alberto Contador a cette fois trouvé un adversaire presque aussi fort que lui. Au final, il gagne avec un avantage de 39 secondes, clin d’œil du destin puisqu’il s’agit du même écart concédé par Schleck dans l’étape de Bagnères de Luchon après son saut de chaîne sur le Port de Balès. “Cette victoire m’émeut vraiment, ce fut vraiment dur, physiquement, mais aussi psychologiquement, toutes les grands courses se gagnent par une petite avance, tous les coureurs sont d’un niveau très proche”, avoue l’Espagnol. “J’ai souffert et je n’ai pas de mots pour exprimer la joie que je ressens. Je me suis beaucoup entraîné, j’ai beaucoup travaillé pour en arriver là. Je n’ai pas beaucoup couru mais entre les courses je me suis beaucoup entraîné.”

L’Espagnol a paru moins dominateur que l’an dernier.

“En effet”, reconnaît-il, “j’ai été moins bien plusieurs jours, notamment lors du chrono. Pourquoi ai-je souffert ? On ne sait pas toujours, il y a tellement de facteurs qui entrent en ligne de compte. Le cyclisme, ce n’est pas une science exacte. J’ai eu des hauts et des bas. Samedi, je n’étais pas bien, j’avais mal dormi, j’avais mal au ventre. J’ai aussi souffert cette année d’allergies, c’est un problème pour moi et ça a eu une influence sur mes capacités. Quelques jours avant le Tour, j’ai aussi dû être soigné par antibiotiques à cause d’un refroidissement qui m’a contraint à déclarer forfait aux championnats d’Espagne.”

Samedi, lors du contre-la-montre, le coureur de Pinto a craint de perdre son maillot jaune. “J’ai eu très peur, on m’a dit que je n’avais plus que cinq secondes sur Andy, j’avais aussi des problèmes de liaison radio, un moment, j’ai compris une demi-minute de retard, j’ai pensé, c’est fichu mais je suis resté concentré, j’ai continué au même rythme.”

A l’arrivée, toute la tension a été évacuée par les larmes versées une fois la ligne franchie. “Le Tour, c’est le rêve de tous les coureurs”, sourit Contador. "Petit, dès qu’on monte sur une bicyclette, on a envie de ça, c’est la plus belle des courses, différente de toutes les autres. Ce rêve, cette tension permanente, la pression extérieure, mais aussi celle que l’on se crée soi-même. Gagner le Tour était mon objectif et c’est une libération. Il a été compliqué, mais je l’ai bien géré en restant concentré et bien entouré, mon équipe a bien travaillé, m’a bien soutenu, surtout en montagne.”

E.d.F.

Contador peut exulter: l’Espagnol em poche sont troisième Tour de France...
© La Dernière Heure 2010

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