Empreinte norvégienne sur le Tour de France

Nicolas Christiaens
Empreinte norvégienne sur le Tour de France
©BELGA

Edvald Boasson Hagen s'est offert ce jeudi la plus belle victoire de sa carrière devant Goss et Hushovd, dans un sprint de rescapés après le final difficile


DINAN Le Norvégien Edvald Boasson Hagen (Sky) a remporté cette 6e étape devant Matthew Goss et Thor Hushovd, qui conserve son maillot jaune. Philippe Gilbert, quelque peu enfermé, était de toute façon trop court au sprint et ne prend que la 7e place, juste derrière Feillu, Rojas et Vichot. Notre compatriote reste maillot vert pour un point.

Jelle Vanendert avait pourtant lancé les débats dans la cote de deux kilomètres qui précédait l'arrivée, afin de faire mal aux meilleurs sprinters. Dans les derniers hectomètres, de nouveau plats, ou presque, Geraint Thomas prenait la direction des opérations pour lancer parfaitement son équipier Boasson Hagen qui était à la conclusion.

Cette 6e étape fut marquée par la pluie mais les chutes étaient moins nombreuses qu'hier. Pas de chance toutefois pour Leipheimer qui tombait à quatre kilomètres de l'arrivée. L'Américain a perdu plus d'une minute sur les autres favoris du Tour.


Boonen tient le coup, Gesink aussi

C'était le jour le plus long du Tour aujourd'hui, en Normandie. 226 kilomètres de souffrance pour les coureurs qui étaient tombés hier, et l'on craignait le pire pour Tom Boonen et Robert Gesink notamment. Le Néerlandais, candidat au podium final, franchissait la ligne avec les autres favoris du Tour, non sans s'être fait quelques frayeurs. Courageux, Tornado Tom s'accrochait toute l'étape pour finir dans de bonnes conditions et retrouver le moral. Chavanel et Steegmans ne peuvent pas en dire autant, eux qui ont terminé dans un groupe d'attardés à plus de douze minutes, avec Greipel notamment.

D'autres coureurs ont souffert, mais à l'avant de la course. Hoogerland et Westra (Vacansoleil), Roux (FDJ), Duque (Cofidis) et Malori (Lampre) prenaient la poudre d'escampette très tôt dans l'étape pour s'adjuger une avance de plus de douze minutes avant de la voir fondre au passage du sprint intermédiaire (où Cavendish et Rojas reprenaient quelques points à Gilbert). L'Italien Malori repart tout de même avec le prix de la combativité et le Néerlandais Johnny Hoogerland s'empare du maillot à pois, après un joli jeu d'équipe avec Westra.


© La Dernière Heure 2011


Les réactions d'après course

Philippe Gilbert, 7ème du sprint final: "J'avais demandé à Jelle Vanendert de tenter quelque chose dans la dernière montée avant l'arrivée pour faire réagir les autres équipes et éliminer les hommes les plus rapides du peloton. Mais il y avait encore tellement de bons sprinters à l'avant de la course, que notre mission devenait impossible. Notre plan n'a pas fonctionné", a déclaré Gilbert.
"L'arrivée était difficile et je n'étais pas très à l'aise à cause de la chaussée rendue très glissante par la pluie. Je me suis toutefois mêlé au sprint mais n'ai pas su jouer la victoire et me suis classé 7e, ce qui m'a permis de garder mon maillot vert."
"J'ai accéléré à l'endroit le plus dur de la pente, comme Philippe me l'avait demandé", a répliqué Vanendert. "Ce qui au départ devait servir à hausser le rythme est finalement devenu une attaque. Mais même lorsque Thomas Voeckler m'a rejoint, je savais qu'il serait impossible de rester devant jusqu'au bout parce que le peloton était trop proche. Mais qui ne tente rien n'a rien. Pour moi, le plus important c'est que l'étape s'est bien déroulée et qu'il n'y a pas eu trop de chutes
."

Edvald Boasson Hagen, vainqueur de l'étape: "Je me sentais vraiment bien. Je sentais que j'avais les jambes. Geraint Thomas a fait un super boulot pour m'emmener au sprint. Sur le podium, c'était exceptionnel, une grande journée pour la Norvège. Avec Thor Hushovd, nous sommes deux Norvégiens dans le peloton (du Tour) et nous sommes tous les deux sur le podium. Si j'ai progressé? Par rapport à l'an passé, je n'ai pas apporté vraiment de changements dans mon entraînement. Avant, je n'essayais pas de suivre dans les cols. J'ai essayé au Dauphiné (en juin) et je me suis rendu compte que je pouvais y arriver. Au sprint, je suis un peu plus fort, j'ai une année de plus. Ce qui joue aussi, c'est que je suis arrivé en forme au Tour, je n'ai pas eu de blessure. Thor Hushovd? C'est un très grand coureur, il a gagné beaucoup de courses, dans le Tour. Maintenant, j'ai gagné aussi dans le Tour. Dans le futur, j'espère faire aussi bien, et même mieux que lui".

Tom Boonen, 115ème lors de la 6ème étape: "Ce fut une journée difficile. Aujourd'hui, ce n'était certainement pas l'étape idéale pour récupérer après une chute. Le vent, la pluie et les kilomètres ont rendu la course difficile. J'ai fait mon possible. J'ai ressenti les conséquences de la chute, et vécu un des moments les plus difficiles qu'un coureur peut connaître après une chute. Maintenant tout ce que je souhaite c'est récupérer un peu d'énergie. J'aspire à l'étape de repos afin d'essayer de récupérer et ensuite j'essayerai de faire quelque chose de bien."

Alberto Contador, 48e de l'étape: "Une journée difficile à cause du mauvais temps. J'ai eu un problème avec le vélo, j'ai dû changer. Je suis content. Dans le final, je n'ai pas cherché à attaquer. Comme j'étais mal placé aux 5 kilomètres, j'ai essayé de remonter et je me suis retrouvé devant. Les jambes tournaient bien".

Geert Steegmans, 191e de l'étape: "Ce n'était pas le jour le plus agréable de ma carrière", a raconté Steegmans après l'arrivée. "J'ai éprouvé beaucoup de douleurs au poignet et je ne pouvais presque pas me mettre debout sur les pédales et je ne pouvais presque pas freiner. Du coup, sur ces routes humides et glissantes, l'angoisse était constante. Heureusement il n'y avait pas tellement de tournants aujourd'hui et beaucoup de lignes droites. Si cela avait été une étape comme celle de mercredi, je n'aurais pas pu tenir 15 kilomètres. Mes muscles sont encore complètement raides. Aujourd'hui, j'ai survécu au caractère mais je me demande ce que ce sera vendredi".

Thor Hushovd, maillot jaune: "Mon objectif aujourd'hui (jeudi), c'était de gagner. J'étais fixé sur cette étape mais quand on a le maillot ça prend beaucoup d'énergie. Je me sens un peu fatigué. J'ai tout le soutien de mon équipe, qui travaille à fond pour moi. C'est vrai que je grimpe mieux que par le passé mais je ne peux pas gagner le maillot jaune un soir comme sur l'étape de Super-Besse, ça monte jusqu'à 8%. C'est trop dur pour moi".

Anthony Delaplace, 96ème de l'étape: "Pour cette étape, la plus longue du Tour, j'étais chez moi en Normandie. L'étape a été rendue difficile en raison de la pluie et de la répétition des côtes sur la fin. Dans les cinquante derniers kilomètres, ça a roulé +plein pétrole+! Sous la pluie, j'ai toujours un peu les jambes dures. Le Tour, c'est vraiment super... mais c'est vraiment dur tous les jours!"

Adriano Malori, le plus combatif: "C'est le plus beau jour de ma carrière. Je voulais me mettre en valeur. La journée a été très difficile à cause de la météo. Dans le final, j'avais encore des ressources, j'ai voulu poursuivre seul. Je savais que, dans une arrivée de ce type, c'était mission impossible. J'aurais dû avoir une minute d'avance... J'aimerais recommencer".

Dave Brailsford, manager de Sky: "On a connu un Tour difficile l'an dernier et on voulait gagner une étape rapidement pour enlever de la pression sur Bradley (Wiggins). Si quelqu'un mérite notre première victoire c'est Edvald. Il a fait tellement pour l'équipe, je suis très content pour lui. On va prendre un verre de champagne puis nous reconcentrer sur le reste de la course".


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