Le Tour 2011 restera dans les mémoires

Nicolas Christiaens
Le Tour 2011 restera dans les mémoires
©EPA

Des nombreuses chutes à la grande bagarre des derniers jours, en passant par le trouble-fête Voeckler, ce Tour de France 2011 fut le plus beau des dernières années


PARIS Si le duel de l’édition 2010 entre Alberto Contador et Andy Schleck avait été haletant, le septennat d’Armstrong admirable de maitrise et la victoire de Pereiro en 2006 pleine de rebondissements, cette grande boucle 2011 restera dans les anales, bien plus que celles des dernières années. En voici les raisons :


Une première semaine à suspense

Contrairement aux autres éditions, les étapes pour sprinters étaient mieux réparties. Finis les enchainements de trois ou quatre journées monotones au possible. Il fallait d’ailleurs attendre le troisième jour pour voir un emballage final décider du vainqueur, et ainsi donner à Tyler Farrar l’occasion de briller le jour de l’Independence Day, et surtout rendre un très bel hommage à son ami Wouter Weylandt.

Mark Cavendish dut attendre le mercredi et le vendredi pour régler la mire, non sans mal. Car le mardi, le jeudi et le samedi étaient réservés aux costauds. Evans, Boasson Hagen et Rui Costa, premier baroudeur récompensé, au terme d’un festival en fin d’étape, y trouvaient leur compte.


Saint-Flour, premier grand tournant

Quand la moyenne montagne se dressait face aux coureurs, les chutes avaient déjà éliminé plusieurs candidats. Les Radioshack étaient décimés, à l’exception de Kloden, Gesink se battait pour rester en course, Wiggins y avait laissé une clavicule et on en passe… La descente du col de Peyrol, le 9e jour de course, fut un autre tournant. Van den Broeck y était contraint à l’abandon, Vinokourov à une fin de carrière prématurée et Kloden à un long calvaire, avant de rendre finalement les armes quelques jours plus tard.

Cette étape fut également le début de l’ère Voeckler II. Suite à la chute de leur leader, les Omega-Pharma laissaient filer l’échappée du jour et la victoire d’étape promise à Gilbert. Voeckler en profitait pour revêtir le maillot jaune, sept ans après. Personne n’aurait alors parié qu’il s’y accrocherait de nouveau pendant 10 jours ! L’incroyable chute d’Hoogerland et Flecha, renversés par une voiture, plaçait définitivement cette étape dans l’histoire du Tour.


Un passage à vide en milieu d'épreuve

Tout ne fut pas tout rose dans cette édition 2011. Outre les nombreux favoris éliminés sur chute, il y eut également une deuxième semaine assez calme. Les Pyrénées étaient même boudées par les grands favoris, pour le plus grand bonheur de Thomas Voeckler. Il y eut tout d’abord ce règlement de compte entre Greipel et Cavendish, aux lendemains de la première journée de repos. Les deux premières arrivées au sommet du Tour offraient alors des duels entre Samuel Sanchez et… Jelle Vanendert, qui se partageaient l’enjeu. L’étape de l’Aubisque était quant à elle remportée par Thor Hushovd. « La plus belle de sa carrière. » Et on le croit, une véritable démonstration tactique !


La troisième semaine, un régal

Après le quatrième pion de Cavendish et la deuxième journée de repos, les favoris du Tour ont décidé d’en découdre. Deux étapes tracées pour les baroudeurs revenaient à Hushovd et Boasson Hagen mais permettaient surtout à la grande bagarre pour la victoire finale d’éclater. Evans, Sanchez et Contador reprenaient de précieuses secondes à Gap, au prix d’une ascension et d’une descente canon. Statu quo par contre à Pinerolo où seul Thomas Voeckler faisait les frais d’une fin d’étape animée et d’une descente sinueuse vers l’arrivée.

On se souviendra longtemps des deux étapes d’anthologie suivantes. Il y eut tout d’abord le festival Andy Schleck, sur les pentes de l’Izoard et du Galibier, pour s’offrir une victoire de prestige sur l'arrivée la plus haute du Tour. Derrière, Cadel Evans était paradoxalement en train de gagner cette édition 2011 puisqu’en prenant la poursuite en mains, l’Australien éliminait Sanchez et Contador de la course, tout en ne laissant qu’une trop faible marge à Andy Schleck.

Le lendemain, la courte étape de l’Alpe d’Huez était la chance pour Andy d’enfoncer le clou. Mais aussi incroyable que cela puisse paraître, les Schleck et Evans étaient incapables de se départager au terme d’une course menée tambour battant. Contador avait en effet pris soin de mettre le feu aux poudres de très loin, dès l’ascension du Télégraphe. L’Espagnol refusait de rendre les armes et, quitte à perdre, il voulait que ce soit en grand champion. Le trio Schleck-Evans peut l’en remercier, car cette 19e étape causa la perte de Thomas Voeckler, qui craquait nerveusement.

Tout se jouait alors au dernier contre-la-montre. Comme beaucoup le pensaient, les 57 secondes d'avance pour Andy Schleck sur Cadel Evans n'ont pas suffi. Il faut dire que l'Australien était plus déterminé que jamais à parachever le travail, après un épilogue 2008 en sa défaveur, alors qu'il était également favori face à Sastre. Bien plus puissant, il écrasait les pédales comme un mort de faim pendant un peu plus de 55 minutes pour connaître l'apothéose de sa carrière. Il n'y a rien à dire, sa victoire est incontestable.
© La Dernière Heure 2011


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