Sagan : “Excuse-moi Fabian !”

Philippe Van Holle
Sagan : “Excuse-moi Fabian !”
©BELGA

Sur la ligne, le Slovaque a bombé le torse “à la Balotelli!”

SERAING Quasi tous les spécialistes avaient pointé Peter Sagan pour l’arrivée à Seraing, mais s’il s’est effectivement imposé, cela s’est joué à peu de choses.

En fait, si Cancellara, surtout préoccupé par le fait de conserver son maillot jaune, n’avait pas continué à mener, Philippe Gilbert aurait peut-être pu s’imposer devant ses supporters. Mais, comme à Milan-Sanremo en début d’année, où Gerrans l’avait débordé dans les derniers mètres après avoir laissé le Suisse faire tout le travail, Cancellara a joué sa chance jusqu’au bout. Le vainqueur du jour en était du reste parfaitement conscient.

“Je tiens à m’excuser auprès de Fabian si je ne l’ai pas relayé, disait Sagan après être descendu du podium. En réalité, j’étais à peine capable de tenir sa roue et je voulais quand même en garder un peu sous la pédale pour le sprint. Un peu plus tôt, Sylvain Chavanel nous avait déjà fait très mal. Il fallait gérer.”

C’était un jour pour les vrais puncheurs. Quand on regarde le classement, ceux-là monopolisent l’essentiel des premières places: Sagan, Cancellara, Boasson Hagen, Gilbert, Molema et même Valverde, qui semblait avoir retrouvé du tonus après sa piètre performance dans le prologue.

Après avoir fait amende honorable auprès du maillot jaune, le vainqueur du jour tenait également à remercier son équipier et leader Nibali, qui l’avait ramené aux avant-postes du peloton au pied de la bosse finale.

“Sans Vincenzo, je n’aurais jamais pu m’imposer ici; il a fait un travail incroyable pour me piloter vers l’avant.”

Et Nibali a encore trouvé les ressources pour terminer excellent 15e de l’étape, ce qui prouve que l’Italien, déjà bien placé au prologue (14e), aborde ce Tour en conditions optimales.

Peter Sagan, dont on sait qu’il est insensible au stress, reconnaissait toutefois que la machine du Tour avait fait impression sur lui.

“C’est mon premier Tour et je découvre évidemment, disait-il en riant. On sent tout de suite la différence par rapport à toutes les autres courses auxquelles j’ai pu participer, ne fût-ce que par le monde qui se trouve le long des routes et par la nervosité qui anime le peloton. Mais je reconnais que cela a aussi un côté excitant.”

Enfin, le Slovaque fut interrogé sur son geste sur la ligne, dans lequel certains voyaient quelque arrogance. Un geste digne de Balotelli, le joueur de la Squadra.

“Oh, avant la course, un ami m’avait téléphoné d’Italie et m’avait demandé si j’avais pensé à l’attitude que je pren drais au cas où je gagnerais ici: on s’est dit que je pourrais bomber le torse à la manière du joueur de foot. Il ne faut pas y voir malice.”

Après tout, Sagan n’a jamais que 22 ans...



© La Dernière Heure 2012


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