Cavendish : “Je peux le faire seul”

Philippe Van Holle
Cavendish : “Je peux le faire seul”
©AP

Premier sprint et première victoire d’emblée pour le Britannique, qui veut que Boasson Hagen s’économise

Tournai aura eu de la chance, la ville aux cinq clochers pouvait-elle rêver d’un plus beau vainqueur que Cavendish pour son étape ? Non, bien sûr !

Le sprint fut royal et, en plus, le Cav a battu son pire ennemi et ancien équipier Andre Greipel, en profitant de l’excellent travail effectué par les Lotto-Bélisol. Si Greipel avait voulu emmener le champion du monde, il n’aurait pu mieux le faire ! Un comble, quand on connaît l’animosité qu’il y a toujours eu entre les deux hommes depuis leur époque commune chez HTC.

Cavendish s’est bien gardé de trop parler de son éternel rival. Il préférera au contraire s’étendre sur la manière – toute différente par rapport aux autres années – dont il aborde ce Tour.

“Tout le monde sait que, cette fois, je n’ai pas de train pour m’emmener , dit-il. C’est donc une tout autre manière d’aborder les sprints pour moi. L’équipe a été composée en fonction de Wiggins, qui vise le maillot jaune. Je précise tout de suite que je suis très fier de faire partie d’une sélection aussi ambitieuse. Avant le départ de ce Tour, il était convenu que Boasson-Hagen et Eisel seraient commis à ma garde et devraient, selon les circonstances, m’emmener les sprints. Mais au Tour, cela va bien trop vite. Il n’est pas possible pour deux hommes de faire le travail de cinq. Même si Eisel et Boasson Hagen, dans leur genre, sont deux monstres d’efficacité. Je ne voudrais pas non plus qu’ils soient sur les rotules au bout d’une semaine. Ils ont aussi d’autres responsabilités dans le team.”

Boasson Hagen, on le sait, est capable de tout faire : sprinter, boucher des trous, grimper des cols. Il constitue donc un atout précieux pour les Sky.

Cavendish ne veut pas le brûler. “C’est pourquoi, en abordant la finale, j’ai prévenu mon équipe que je pouvais m’en tirer seul, poursuit le champion du monde. Quand je vois d’ailleurs des types comme Menchov et Rolland aux avant-postes dans une envolée massive, je préfère de loin jouer ma carte solo, comme ça, je suis le seul responsable de ma peau !”

On nuancera quand même les propos du bouledogue britannique. Boasson Hagen l’a quand même remonté une fois vers la tête du peloton. “Oui” , acquiesce Cavendish, puis j’ai pris la roue de Freire, car je sais qu’il attend toujours longtemps avant de revenir vers les tout premiers postes (NdlR : nous avons assisté, sur la ligne, à une explication musclée entre l’Espagnol et Matthew Goss); ensuite, Greg Henderson, qui était mon poisson-pilote chez HTC, a lancé le sprint, je sais exactement comme il le fait, je ne devais plus trop réfléchir et lâcher les chevaux…”

Bien emmené, donc, par Andre Greipel, lequel a dû la trouver très mauvaise de servir inconsciemment de poisson-pilote à son pire rival…



© La Dernière Heure 2012


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