4e étape : Cette fois, André Greipel a conclu

F. Chl.
4e étape : Cette fois, André Greipel a conclu
©AFP

Le sprinter de Lotto-Belisol s'impose à Rouen devant Petacchi et Veelers. Cancellara reste en jaune au terme d'une étape marquée par une chute collective dans les derniers kilomètres

ABBEVILLE Il avait beau clamer qu’il était le plus fort à Tournai, il n’empêche qu’André Greipel avait été battu par son éternel rival Mark Cavendish. Parfaitement emmené dans le Hainaut, le Gorille de Rostock n’avait su conclure et avait l’occasion de prendre sa revanche à Rouen où il pouvait en principe compter sur le même train afin de le déposer dans les 150 derniers mètres. Aidé par la chute de Cavendish à moins de trois bornes de l’arrivée, le sprinteur de Lotto-Belisol n’avait aucune excuse en cas d’échec au moment où Greg Henderson se retira pour le laisser mettre les gaz. Tout en puissance, André Greipel accomplissait ses derniers tours de roue pour aller cueillir sa première étape sur le Tour, la deuxième de sa carrière si l’on compte celle acquise l’année dernière. Derrière, Alessandro Petacchi, Tom Veelers, Matthew Goss et l’inusable Peter Sagan ont bien tenté tout ce qu’ils pouvaient, mais ce n’était pas suffisant pour empêcher le coureur Allemand de lever les bras. Notons aussi la belle 8e place de notre compatriote Kris Boeckmans.


Une échappée sans... Michael Morkov


Ce sont 197 coureurs qui s’élancaient d’Abbeville, après que Maarten Tjallingi, victime d’une fracture à la hanche gauche la veille, ait renoncé à poursuivre l’épreuve. Et sur ces 214,5 km recensant quatre difficultés mineures dans ses deux premiers tiers, le scénario classique d’une échappée au long cours contrôlée par un peloton était écrit d’avance. Les trois courageux du jour se nommaient Yukiya Arashiro, Japonais de la formation Europcar, Anthony Delaplace, Français de l’équipe Saur Sojasun et David Moncoutié, visage bien connu du cyclisme hexagonal qui défendait les couleurs de la formation Cofidis. Finalement, la seule surprise de ce début d’étape était l’absence de Michael Morkov dans ce groupe de fuyards. Le maillot à pois, passé à l’offensive lors des trois précédentes étapes, était sans doute fatigué par cette débauche d’efforts, mais aussi groggy par l’annonce d’une suspension de 18 mois pour son binôme de la course à l’américaine, Alex Rasmussen. Le duo danois était en effet l’un des grands favoris dans la discipline pour la médaille d’or à Londres.


Pas de bordure le long de la côte d’Albâtre


Lors des trois premières ascensions du jour, c’est David Moncoutié qui passait en tête, empochant à chaque fois le point que celles-ci attribuaient dans la lutte pour le maillot à pois. Mais pour ne pas sombrer dans la monotonie de ce genre de course plate dédiée aux sprinteurs, on espérait qu’une bordure puisse se former le long de la côte d’Albâtre. Malheureusement, le Dieu Eole avait décider de boycotter les côtes françaises et tout ce petit monde se dirigea sans encombres vers le sprint intermédiaire de Fécamp. C’est Arashiro qui y passait en premier devant Delaplace et Moncoutié avant de laisser les candidats au maillot vert s’expliquer. Et comme la veille, c’est Mark Cavendish qui se montrait le plus fort en devancant Goss, tandis que Sagan devait se contenter de la 4e place de ce groupe. Quelques kilomètres plus loin, Anthony Delaplace franchissait en tête la dernière bosse de la journée. Une longue procession de 71,5 kilomètres vers Rouen était attendue.


Une averse et puis Gilbert


Après être passés sous une averse à 50 kilomètres du but, les trois échappés voyaient fondre leur avantage inexorablement. Alors qu’il restait encore 10 bornes à accomplir et que l’on arrivait dans une côte non-répertoriée, Delaplace, puis Moncoutié tentaient un dernier coup alors que le peloton revenait à hauteur de leurs porte-bagages. Andrei Grivko (Astana) et Jérôme Pineau (Omega Pharma) sortaient du peloton. Et alors que l’Ukrainien lâchait prise, le Français était rejoint par son compatriote et équipier Sylvain Chavanel, qui avait emmené dans son sillage Philippe Gilbert (BMC). Les trois hommes seront rejoints juste après par Samuel Dumoulin (Cofidis), mais échangeront ensuite Pineau pour Wouter Poels, après que ce dernier ait fait la jonction, pendant que le Français se rangeait sur le côté. Un quatuor qui deviendra trio, lorsque Philippe Gilbert décida de ne pas poursuivre l’aventure et qui sera englouti par le peloton à environ 4 kilomètres de l’arrivée.


Le Cav' au tapis


Quelques centaines de mètres plus loin, une grosse chute se produisait à l’avant du peloton. Parmi les victimes, José Haedo, le sprinteur de Saxo, mais surtout Mark Cavendish. Les leaders ralentis par cet incident constataient avec bonheur que l’on se situait au-delà de la limite des trois kilomètres et que tout ce petit monde finirait dans le même temps que ceux qui allaient se disputer la victoire. L’épilogue, on le connaît. Privé d'un face à face avec son plus grand rival anglais, André Greipel s’imposait à Rouen et offrait à l’équipe Lotto-Belisol sa première victoire sur cette Grande Boucle.


Tous les maillots distinctifs restent sur les mêmes épaules


Cette étape n’aura entraîné aucune modification au sein d’un top 10 toujours dominé par Fabian Cancellara. Le premier Belge est toujours Maxime Monfort, 12e. Pas de souci pour Michael Morkov qui conserve son maillot à pois et Teejay Van Garderen qui en fait de même avec sa tunique blanche. En revanche, Peter Sagan fait lui une belle opération dans le classement par points après cette 4e étape. Grâce à la chute de Cavendish, le Slovaque consolide sa liquette verte en augmentant à 61 unités son avantage sur le champion du monde. Le prix de la combativité revient au Japonais Arashiro.


Demain, l’étape entre Rouen et Saint-Quentin risque de nous offrir un scénario identique et aussi monotone qu’aujourd’hui au terme d’un parcours de 196,5 km plats comme la main.


Jürgen Van den Broeck impliqué dans la chute
Notre compatriote s'est retrouvé impliqué dans la chute collective à 2,7km de l'arrivée. VdBke qui a franchi la ligne en 151e position a cependant été classé dans le même temps que les meilleurs en vertu de la règle "des 3 kilomètres". Selon Rodrigo Beenkens, le commentateur de la RTBF, qui a croisé Van den Broeck à son hôtel, ce dernier souffrirait très légèrement du doigt après cet incident. On apprend aussi que le coureur de Morkhoven et Jelle Vanendert on fêté avec modération la victoire d'étape d'André Greipel. Après avoir bu une petite coupe de champagne, les deux coureurs ont été se coucher pendant que le reste de l'équipe continuait à honorer le Gorille de Rostock. Un podium sur le Tour est à ce prix.


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