Toujours plus de chutes, pourquoi?

Ph. V.H.
Toujours plus de chutes, pourquoi?

Selon Dario Cioni, l’égoïsme des coureurs joue un grand rôle dans les chutes

Dario Cioni, l’ancien coureur italien qui passa notamment par la Lotto, occupe aujourd’hui un des nombreux postes à responsabilités de la toute-puissante équipe Sky de Cavendish et de Wiggins, deux coureurs qui ont des intérêts à la fois communs, forcément, et divergents puisque le premier vise les succès partiels alors que le second ne s’occupe que du classement général. Hier, le champion du monde s’est retrouvé au tapis, de même que son fidèle garde du corps Bernhard Eisel.

“Il y a toujours eu des chutes dans la première semaine du Tour , explique Cioni, cela ne changera plus, ou alors en mal. Car tout ce qui est pris comme mesures pour augmenter la sécurité des utilisateurs habituels du réseau routier est néfaste à la course. Ajoutez à cela la nervosité inhérente au Tour de France, la plus grande épreuve du monde, et vous obtenez fatalement une situation qu’on peut qualifier d’explosive, avec de nombreuses cabrioles à la clé.”

C’est aussi en fonction de ces dangers que, chez Sky, on a fait le choix de laisser Cavendish se débrouiller seul, ou presque, dans les sprints. “Pour les candidats à la victoire finale , poursuit Cioni, le Tour se joue aussi dans ces étapes de plat. Voilà pourquoi la plupart de nos gars sont commis à la garde de Brad Wiggins : ils l’entourent pour le protéger des autres coureurs, mais aussi pour lui apporter une première assistance technique en cas de problème. Pour Cavendish, la chute d’hier n’aura pas eu de conséquence. Mais il est déçu car il voulait gagner à Rouen.”

Quand on lui demande si Wiggins parle souvent de sécurité, le soir à l’hôtel, sa réponse fuse, plutôt intéressante. “Brad connaît son métier et les risques qu’il comporte. Comme tous les leaders visant le général, il redouble de concentration dans ces étapes où on ne peut certes pas gagner le Tour, mais où on peut le perdre. Wiggins entend bien ne pas laisser filer la moindre seconde dans ces étapes. Qu’il en perde, à la loyale, en montagne, cela il l’accepte, mais pas à cause d’une chute dans une étape de sprint ou de transition!”

Cioni pense également, en tant qu’ancien coureur, que l’égoïsme, qui règne en maître dans le peloton, est aussi pour beaucoup dans l’augmentation des chutes. “C’est un signe des temps, conclut-il, s’il y avait davantage de respect entre les coureurs, cela se passerait sans doute mieux.”



© La Dernière Heure 2012

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