Greipel: “C’est plus facile sans Gilbert”

Philippe Van Holle
Greipel: “C’est plus facile sans Gilbert”
©BELGA

L’Allemand a gagné pour la deuxième fois d’affilée et se rapproche du maillot vert

SAINT-QUENTIN Une victoire se joue parfois sur un détail. Hier, André Greipel a eu de Dame Chance le coup de pouce qu’il lui fallait pour s’imposer à Saint-Quentin.

Il suffit, pour s’en convaincre, de visionner la vidéo reprenant la chute qui s’est produite aux avant-postes du peloton au panneau fatidique des 3 km. Tyler Farrar, le premier à tomber, se trouve juste devant un coureur Lotto-Belisol qui, au prix d’une manœuvre incroyable de dextérité, évite le coureur américain, en étant même obligé de déchausser pour rétablir son équilibre.

Ce coureur est celui qui, quelques instants plus tard, allait remporter l’étape. Sans ce réflexe inouï, l’Allemand se serait lui aussi retrouvé au sol, avec des conséquences peut-être fâcheuses pour le reste de son Tour. Au lieu de cela, André Greipel a remporté sa deuxième victoire d’affilée, peut en espérer d’autres et même rêver du maillot vert. Car Sagan, lui, n’a pas eu la même chance que l’Allemand. Le Slovaque a chuté lourdement alors que cette arrivée était littéralement dessinée pour lui.

L’un passe, l’autre casse, c’est ça, le vélo, c’est ça le sport de haut niveau. “J’ai vraiment eu de la chance, racontait Greipel à l’arrivée. Pour le même prix, je faisais moi aussi connaissance avec le tarmac, mais le sort en a voulu autrement. Après cette manœuvre, j’ai dû très vite me reprendre, me remettre dans la course. Heureusement, Adam Hansen m’attendait et il m’a ramené assez vite dans le train des Lotto. Ensuite, tout s’est enchaîné comme dans un rêve. Exactement comme la veille. Mes gars m’ont déposé là où je devais être en vue de la ligne. J’ai la meilleure équipe du monde.”

L’ancien sprinter Frank Hoste nous expliquait que, si l’équipe Lotto-Belisol était si bien organisée dans la finale, c’est parce que Marc Sergeant dirige le sprint depuis sa voiture. “Il regarde le sprint à la télé et guide ses hommes, dit Hoste. Quand arrive un incident comme celui de ce jeudi, c’est Marc qui appelle Adam Hansen pour lui dire d’attendre Greipel, il lui explique exactement où l’Allemand se trouve. Parfois, il voit les ouvertures qui se dégagent dans le peloton et crie à la radio : “À droite, à gauche, tout droit !” Ensuite, les gars qui composent ce train aux rouages bien huilés, finissent le travail dans les dernières centaines de mètres.”

Une explication à tout le moins très intéressante, qui permet de comprendre à la fois pourquoi le team Lotto fonctionne aussi bien, tout en soulignant l’excellente cohésion entre ceux qui font partie de l’équipe. Coureurs comme directeurs sportifs.

Après sa victoire, Greipel lâchera également que gagner cette année au Tour lui est plus facile que l’an dernier.

“C’est en effet plus aisé sans Gilbert dans l’équipe, confiait l’Allemand. En 2011, nous avions pris le départ du Tour avec trois leaders. Il fallait donc se partager les objectifs. Philippe avait légitimement des ambitions. Logique, avec la forme resplendissante qu’il détenait alors. Cette fois, il n’est plus là et les rôles sont plus clairement répartis. En plus, j’ai la chance, du coup, d’avoir un train rien que pour moi et ce train est le meilleur du monde actuellement !”



© La Dernière Heure 2012

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