Froome le plus fort en montagne ?

Philippe Van Holle
Froome le plus fort en montagne ?
©AP

Le super lieutenant de Wiggins s’est facilement imposé à la Planche des Belles filles devant un Cadel Evans bien esseulé

LA PLANCHE DES BELLES FILLES Comme on s’y attendait, les Sky ont littéralement survolé la première étape de montagne. Et le dernier maillon de ce train d’altitude a dû en faire tellement peu après le travail de titan de Richie Porte qu’il a pu en garder sous la pédale dans les dernières centaines de mètres, suffisamment en tout cas pour pouvoir s’adjuger la victoire d’étape.

“Je n’ai pris le relais de Porte qu’à deux kilomètres du sommet,” racontait le vainqueur du jour, qui avait aussi revêtu le maillot à pois de meilleur grimpeur. “Et comme Brad (Wiggins) savait que j’avais envie de gagner à La Planche des Belles filles, il m’a tout suite conseillé, à 1,5 km de l’arrivée de ne pas mener un train d’enfer, mais plutôt de me réserver pour le sprint final.”

Le longiligne Britannique se méfiait particulièrement du finish en côte de Cadel Evans. L’Australien, toutefois, ne parut jamais en mesure de l’emporter dans cette première étape de montagne. “Je ne comprends pas trop bien ce qui s’est passé” , poursuivait Froome. “J’ai attendu longtemps le démarrage de Cadel mais il n’est jamais venu. Pour ma part, je n’ai pas non plus produit une très grosse accélération en vue de la ligne. J’ai été étonné de ne voir revenir personne. Une simple hausse du tempo m’aura finalement suffi pour glaner ce succès. Très honnêtement, je ne peux pas imaginer qu’Evans ait laissé filer cette victoire par pure stratégie. Je crois tout simplement qu’il n’était pas capable de faire le trou. J’espère ne pas faire d’erreur de jugement en pensant cela et qu’il ne me donnera pas tort en nous surprenant dans les prochaines étapes difficiles.”

Comme la plupart des autres favoris, l’Australien aura sans doute été content de voir arriver la ligne, car les Sky avait mené un train d’enfer pendant toute la dernière montée. “En réalité, nous étions bien décidés à mettre la main sur cette première étape de montagne, enchaîne le grimpeur. Nous avons pris le contrôle de la course dès les premiers kilomètres et nous ne l’avons plus lâché. Dans l’ascension finale, on est monté au rythme de Bradley. C’est lui qui nous aura tout le temps dirigés. Oh, nous n’avons pas parlé beaucoup, mais quand cela allait un peu vite, il nous criait ‘ easy’(tranquille) et quand c’était trop lent à son goût, on entendait un ‘go, go !’ qui nous signifiait qu’il fallait augmenter un peu la cadence.”

Amusant parallèle. Cavendish faisait pareil avec ses équipiers lorsqu’il était emmené au sprint chez HTC. Il avait utilisé l’expression sprint playstation comme s’il n’y avait qu’ à commander pour aller plus ou moins vite. Depuis le début de la saison, on monte donc aussi playstation avec l’équipe Sky.

Espérons que la technique ne nous emmène pas vers un cyclisme moderne robotisé. Encore que le phénomène n’est pas vraiment nouveau. Miguel Indurain, Jan Ullrich ou Lance Armstrong aussi mettaient leur équipe en ligne quand la route prenait de l’altitude. Cette époque-là, du reste, ne nous rappelle pas que de bons souvenirs. Mais gardons-nous bien de faire l’amalgame…



© La Dernière Heure 2012


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