Pourquoi les Belges vont cartonner au Tour de France

On a imaginé une Grande Boucle parfaite pour nos compatriotes. Parce qu’on est un brin rêveur et chauvin.

Lehaire David
Pourquoi les Belges vont cartonner au Tour de France
©BELGA

Rêver n’est pas interdit. Cela ne fait pas de mal. Au contraire. Alors, on se prête au jeu. Et comme dans les rêves, tout est permis, on a eu envie de rêver en grand, de s’imaginer une Grande Boucle en noir-jaune-rouge, une édition historique, ou presque, pour notre pays. Ces rêves sont d’autant plus autorisés que le cyclisme belge se porte très bien.

On se verrait bien, le 24 juillet prochain, date de l’arrivée sur les Champs-Élysées, en train de se féliciter de l’incroyable moisson de victoires et de belles performances réalisées par nos compatriotes durant la grand-messe de juillet.

Si on se laisse un peu aller à nos envies démesurées de succès belges, c’est aussi parce que beaucoup de nos représentants auront, cette année, la possibilité de jouer leur carte personnelle. Ceux-là ne devront pas se cantonner au rôle ingrat d’équipiers du départ de Copenhague à l’arrivée à Paris, trois semaines plus tard.

On va battre notre record d’étapes gagnées

La liste définitive des partants n’est pas encore tombée. Mais le contingent belge devrait, à une ou deux unités près, être similaire à celui de l’an dernier (22). On est, donc, très loin du record d’engagés belges sur la Grande Boucle. C’était en 1981. Cette année-là, ils étaient 50 au départ et gagnèrent 10 étapes. Pour trouver le record de succès noir-jaune-rouge durant le Tour, il faut remonter à la grande époque d’Eddy Merckx. En 1972 et en 1974, la Belgique s’était, en effet, adjugé 14 étapes. Ce sera difficile de faire aussi bien, bien sûr.

Mais depuis que nos compatriotes ont ramené cinq victoires dans leur besace l’an dernier, on se dit qu’il y a moyen de faire mieux cet été. On se dit que Jasper Philipsen va transformer ses accessits de l’an dernier (trois fois deuxième et trois fois troisième) en victoires. Il a encore progressé ces douze derniers mois. Puis, on aura pas mal de baroudeurs parmi les engagés, des adeptes des longues échappées. Pour autant qu’un Quinten Hermans, par exemple, ne présente aucun danger au classement général, on le voit bien en gagner l’une ou l’autre. Enfin, Wout van Aert constitue presque une garantie de succès. Même s’il courra après le maillot vert, il est tout à fait capable de s’imposer en diverses occasions. Pourquoi pas dès vendredi lors du contre-la-montre initial ?

Plus longtemps en jaune qu’en 2018

Si Wout van Aert a déjà annoncé qu’il visera la conquête du maillot vert cette année, il se verrait bien porter la tunique jaune d’entrée de jeu. Il faut dire que le chrono de vendredi à Copenhague (13,2 km) lui convient bien. Il sera l’un des favoris ce jour-là, même si les Danois Mads Pedersen et Kasper Asgreen, qui joueront à domicile, en font un objectif concret. Si le Campinois prend le jaune à cette occasion, pourquoi ne le garderait-il pas un bout de temps avant de le céder à son leader Primoz Roglic dans un Tour dominé du début à la fin par les Jumbo-Visma ? Sûr que les deux intéressés signeraient déjà des deux mains pour un tel scénario. Dans ce cas, on l’imagine bien faire mieux que Greg Van Avermaet, qui avait porté le maillot jaune durant huit jours en 2018.

On va gagner le maillot vert

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Depuis les années qu’on lui dit qu’il a le profil d’un maillot vert en puissance, Wout van Aert a fini par se piquer au jeu. Un an après avoir ébloui le peloton en gagnant trois étapes sur des terrains totalement différents, le Campinois veut se focaliser sur la quête de cette tunique distinctive. Son équipe, Jumbo-Visma, lui donne les moyens pour y parvenir. Il aura, en effet, trois coureurs entièrement à son service : Tiesj Benoot, Nathan Van Hooydonck et le Français Christophe Laporte. À 27 ans, van Aert a tout pour atteindre son objectif. S’il y parvient, il deviendra le successeur de Tom Boonen, dernier Belge ayant ramené ce maillot sur les Champs-Elysées. C’était en 2007. Si d’aventure son équipier Roglic gagne, lui, le Tour de France, Jumbo-Visma sera la première équipe à remporter les tuniques jaune et verte de concert depuis les T-Mobile de Jan Ullrich et d’Erik Zabel en 1997.

On aura un Belge équipier du vainqueur final

Même si on veut rêver en grand, on va quand même rester un peu les pieds sur terre : ce n’est pas cette année qu’un Belge succédera à Lucien Van Impe, vainqueur du Tour de France en 1976. En revanche, il n’est pas illusoire de penser qu’un de nos compatriotes fera partie de l’équipe du futur maillot jaune. Dans ce cas, on part, évidemment, du principe que Tadej Pogacar et sa formation UAE Team Emirates ne s’imposent pas. La victoire reviendrait plutôt aux Jumbo-Visma de Primoz Roglic ou Jonas Vingegaard et de leur équipier de luxe Wout van Aert. Laurens De Plus, lui, aurait peut-être pu connaître cette joie-là s’il avait été l’équipier du trio d’Ineos Yates-Thomas-Martinez mais il ne fait pas partie de la sélection. C’est pourquoi tous nos espoirs reposent, là aussi, sur van Aert.

On va avoir le maillot à pois

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Et si le maillot de meilleur grimpeur du Tour de France atterrissait sur les épaules d’un Belge ? D’accord, ce n’est pas très réaliste et il faut remonter à 1983 pour trouver trace de ce scénario. Mais tout de même. Qui pourrait être le successeur de Lucien Van Impe ? On pense, pourquoi pas, à Quinten Hermans. Le coureur d’Intermarché-Wanty-Gobert tient la grande forme pour le moment. On le verrait bien se glisser dans une échappée au long cours un jour où il y a pas mal de points à prendre au classement de la montagne. L’appétit viendrait en mangeant et il tomberait amoureux de ce maillot à pois. On a choisi Hermans, comme on aurait pu également nous tourner vers un coureur de la trempe de Brent Van Moer, l’électron libre de Lotto-Soudal.

Une formation belge va gagner le classement par équipes

Habituellement, c’est une hiérarchie qui n’intéresse pas grand monde à part les Movistar d’Eusebio Unzue. Au fil des ans, on se dit d’ailleurs que c’est l’objectif que vise la formation espagnole dès le départ du Tour. On va s’imaginer que les choses vont changer et que, cette fois, les Belges vont en tenir compte. Il y a du potentiel avec quatre écuries sur la ligne de départ : le Wolfpack de Patrick Lefevere, les Lotto de John Lelangue, les Wanty de Jean-François Bourlart et les Alpecin des frères Roodhooft. Dans la ligne de ce qu’elle montre depuis le début de l’année, Intermarché-Wanty-Gobert pourrait avoir une belle carte à jouer dans ce classement qui reprend les résultats des trois meilleurs coureurs. Imaginez un peu que Quinten Hermans et Louis Meintjes finissent dans le top 20 pendant que Taco Van der Hoorn s’en approche ! Dans un Tour qui passera par son fief binchois dès le 7 juillet, la formation wallonne entend bien marquer l’épreuve de son empreinte et continuer sur la lancée de son année éblouissante.

On aura un Belge supercombatif du Tour

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En moyenne, ce prix est attribué une fois sur deux à un coureur français (cinq fois sur les dix dernières années). Et comme le Français Franck Bonnamour l’a glané il y a douze mois, on se dit que ce pourrait être le tour d’un Belge. Pourquoi pas ? Ce n’est quand même plus arrivé depuis 1978 lorsque Paul Wellens avait été mis à l’honneur. Pour réparer cette trop longue absence, les candidats ne manquent pas. On pense, avant tout, à Philippe Gilbert. On verrait bien le Remoucastrien, qui aura 40 ans le 5 juillet, passer à l’attaque dès qu’il en aura l’occasion. Après tout, il s’agira de son dernier Tour de France et il ne veut pas quitter la scène sans avoir montré encore une fois son tempérament offensif sur le plus prestigieux des terrains de jeu.

On aura une victoire du quadragénaire Philippe Gilbert

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C’est un défi qu’il entend relever à tout prix. Parce qu’il ne veut pas traverser dans l’anonymat la plus grande course cycliste de l’année. Ah, si Philippe Gilbert pouvait gagner son étape comme il l’a fait aux Quatre Jours de Dunkerque ! À l’issue d’une accélération dont il a le secret, il remporterait le droit de sortir par la toute grande porte. Il y aurait alors onze ans entre ses deux victoires d’étapes sur la Grande Boucle. Certes, il ne battrait pas le record de Jean Alavoine, vainqueur de deux étapes à 13 ans, 11 mois et 21 jours d’écart (le 19/7/1909 et le 10/7/1923) mais il quitterait la grande scène du Tour avec panache. Il ne serait pas, non plus, le plus vieux vainqueur d’étape, ce record appartenant à Pino Cerami (41 ans, 3 mois et 3 jours le 1/7/1963), mais il entrerait dans le cercle très fermé des quadragénaires sacrés sur la Grande Boucle. Et il apporterait sa contribution à un Tour d’anthologie pour les Belges. Nous, on en accepte l’augure.

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