A défaut de faire un choix, la Jumbo la joue en duo

L’équipe néerlandaise n’a pas défini de leader entre Roglic et Vingegaard pour battre Pogacar. C’est la course qui les départagera.

A défaut de faire un choix, la Jumbo la joue en duo
©Belga

Chez Jumbo-Visma, on fait les choses par deux. Avec le maillot vert et le maillot jaune, l’équipe néerlandaise aura deux objectifs majeurs sur ce Tour de France. Et pour aller chercher la victoire, elle compte sur son duo Roglic-Vingegaard, qui a impressionné lors du Dauphiné et qui compte bien empêcher Pogacar de rafler une troisième Grande Boucle d’affilée.

"C'est mieux d'avoir deux leaders qu'un seul", résume Wout van Aert lorsqu'on lui pose la question de ce leadership à deux têtes. "Dans un Tour, beaucoup de choses peuvent se passer. On peut avoir de la malchance ou tomber. C'est un avantage. Plus Primoz et Jonas seront bien placés, meilleures seront nos chances de battre Pogacar."

Éviter d’imiter Wiggins et Froome

Sportivement, l’avantage est indéniable. C’est, en effet, la porte ouverte à une tactique d’équipe offensive qui pourrait déstabiliser le double tenant du titre dans les étapes les plus dures. Imaginez voir Roglic et Vingegaard attaquer tour à tour le leader de la formation UAE Team Emirates. Tactiquement, c’est très intéressant.

Mais, par le passé, le cyclisme a montré qu’humainement avoir deux leaders au sein d’une même équipe n’était pas toujours évident. La jurisprudence Wiggins-Froome lors du Tour de France 2012 vient directement en tête au moment d’évoquer cet aspect. L’épisode est d’ailleurs remonté dans de nombreuses mémoires lorsque Roglic a semblé un peu en difficulté dans la roue de Vingegaard en fin de Dauphiné, il y a quelques semaines. Mais chez Jumbo-Visma, on le dit haut et fort : cette situation convient à tout le monde. Surtout aux deux coureurs.

"On se rend plus forts l'un l'autre", résumait Roglic lors de la conférence de presse de la formation néerlandaise, mercredi matin. "Jonas est en super forme et plus on a de coureurs dans cette condition, plus forte sera l'équipe."

Et les deux hommes l'assurent : ils s'apprécient énormément. "Jonas et moi sommes de super amis", indique Roglic. "On s'entend à merveille sur le vélo et en dehors", ajoute Vingegaard. "On vient de passer deux semaines ensemble lors du stage d'avant-Tour et on a apprécié de passer du temps ensemble. On a parfois partagé une bière sur le balcon après la journée."

Si le Danois se montre si confiant et n’hésite pas à le dire, c’est parce que son statut a changé. L’an dernier, il avait abordé le Tour de France comme équipier dans la peau d’un illustre inconnu ou presque. Mais ce n’est plus le cas.

"Jonas était arrivé en dernière minute sur le Tour et il a surpris tout le monde. Il a finalement été le dernier homme à pouvoir se battre avec Pogacar", rappelle Grischa Niermann, directeur sportif de Jumbo-Visma. "Cela lui a donné un gros boost et il est prêt à aller plus loin cette année."

En d'autres termes, Vingeggard se verrait bien faire tomber Pogacar de son piédestal. "À deux, avec Primoz, on peut le défier. On a un plan qu'on espère mener à bien", répète-t-il.

Une équipe construite pour la première semaine

Ce plan passe probablement par une première semaine abordée pied au plancher. Entre le contre-la-montre initial dans les rues de Copenhague, qui pourrait permettre de grappiller de précieuses premières secondes sur Pogacar, le vent danois et l'étape pavée d'Arenberg, les occasions de mettre la pression d'entrée sur le vainqueur sortant sont réelles. Le cliché est avéré : le Tour ne se gagnera pas durant la première semaine, mais il pourra indéniablement s'y perdre. Ce n'est pas un hasard si Jumbo aligne des garçons taillés pour les classiques pavées comme Wout van Aert, Christophe Laporte, Tiesj Benoot ou Nathan Van Hooydonck au départ du Tour. Personne d'autre ne peut se targuer d'un effectif aussi flandrien au départ du Tour. "Il faudra survivre à cette première semaine", note laconiquement Roglic.

À la fin de celle-ci, les rôles au sein de l'équipe pourront - peut-être - déjà être clairement définis. Entre le leader et l'équipier de luxe, qui se mettra au service de l'autre ? Mais, en attendant, c'est bien à deux que le plan de bataille a été établi. "On va directement voir, avec le contre-la-montre de ce vendredi et les premières étapes, si un écart se crée entre eux ou pas ", expliquait Grischa Niermann ce mercredi. En attendant, le plan de bataille est clair : c'est avec deux leaders que Jumbo veut faire la guerre à UAE.

"Avec plusieurs leaders, on a vraiment la possibilité de faire quelque chose. Pogacar est le grand favori, mais on est confiants sur le fait qu’on peut le concurrencer. Tout le monde devra être au top."

Du début à la fin. Et sur tous les terrains.

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