Copenhague, la ville de la bicyclette accueille le grand départ Tour de France : “Le vélo fait partie de l’ADN des habitants”

La capitale danoise, ville la plus cyclable du monde, rencontre la plus grande course cycliste de la planète. Le mariage est idéal.

Copenhague, la ville de la bicyclette accueille le grand départ Tour de France : “Le vélo fait partie de l’ADN des habitants”
©AFP

L’anecdote date de l’année passée, au mois de juin 2021, lors de l’Euro de football. Mais elle est un parfait planté de décor pour expliquer la relation si particulière de la ville de Copenhague au vélo.

Lors d’un reportage sur les différents lieux de football de la capitale danoise (le stade du FAC Copenhague, le centre d’entraînement, l’enceinte de Brondby…), nous avions loué un vélo à notre hôtel, situé en plein centre. Une fois la navigation lancée, nous avions mis nos écouteurs dans les oreilles pour nous laisser guider par notre smartphone. Et ce n’est qu’après… 25 kilomètres, lorsque Google Maps nous faisait entrer sur une autoroute, que nous nous sommes rendu compte que nous avions oublié d’activer le mode "vélo" de l’application. Nous étions sur l’itinéraire réservé aux voitures. Avant cela, chaque centimètre de notre trajet était pourtant couvert par une piste cyclable.

Ce n’est pas étonnant lorsqu’on sait qu’il existe 12 000 kilomètres de piste cyclable au Danemark, dont 386 à Copenhague, la ville la plus cyclable du monde, où chaque projet mis sur table est pensé pour le vélo. Il faut dire qu’au sein de la capitale danoise, la bicyclette est, de loin, la façon la plus simple de se déplacer. La plupart des habitants possèdent d’ailleurs (au moins) deux vélos : un pour les trajets du quotidien, et un autre, plus sportif, pour le plaisir. Même si dans une ville plate comme la main, il n’est pas nécessaire d’avoir les cuisses d’André Greipel pour avancer à allure correcte. Du moins lorsque le vent, très présent en bord de mer, ne vous relifte pas le visage.

La candidature de Copenhague avait été refusée plusieurs fois

Le vélo et le vent. Ce sont donc les deux arguments qui ont amené le Tour de France à délocaliser son Grand Départ à l’étranger au Danemark, le dixième pays différent à avoir l’honneur de recevoir cet événement sportif mondial. Mais cela n’a pas été une mince affaire pour la ville de Copenhague, qui avait déjà déposé sa candidature à quelques reprises. Une première fois en 1997, un an après la victoire de Bjarne Riis. Puis en 2003 et en 2004. Mais à chaque fois, la réponse de l’organisation du Tour avait été la même : non. Copenhague, c’est trop loin de la France. C’était inconcevable d’un point de vue logistique.

Mais depuis lors, les choses ont changé. Grâce à plusieurs événements. Il y a d'abord eu le championnat du monde de cyclisme, organisé par la capitale danoise, en 2011. Présent pour y voir la victoire de Mark Cavendish, Christian Prudhomme avait été très agréablement surpris. "J'avais été fasciné par le nombre de gens à bicyclette", explique le directeur du Tour de France.

Il y a ensuite eu le Grand Départ du Giro 2012, donné dans l’ouest du Danemark, à Herning. Lors duquel le pays scandinave avait démontré sa capacité à organiser un événement d’une telle ampleur.

Puis il y a eu le dossier d'organisation de la ville de Copenhague. Un dossier en béton, soutenu par trois maires différents et deux Premiers ministres. "Et avec un slogan fort, indique Prudhomme. La rencontre de la ville la plus cyclable au monde et de la plus grande course du monde. Au Danemark, tout le monde regarde le Tour, les parts d'audience et de marché sont monumentales. On parle de plus de 60 % ! Et sportivement, le Danemark, c'est aussi l'arrivée fascinante de la deuxième étape avec les 18 des 20 derniers kilomètres au-dessus de la mer."

Sur le pont de Grand Belt. Ce qui promet un spectacle sur le bitume aussi superbe que les images d'hélicoptère qui seront proposées. "C'est l'occasion de mettre en valeur certaines des régions les plus belles et les plus emblématiques de notre pays et de souligner notre culture cycliste unique, souligne pour sa part Lars Weiss, président du comité Grand Départ de Copenhague. Les trois étapes danoises rempliront nos rues de touristes profitant de l'été, et les téléspectateurs du monde entier suivront le peloton à travers notre pays. Ce sera une excellente occasion de mettre en valeur l'ADN particulier du cyclisme danois et de promouvoir nos charmantes zones rurales, le tourisme danois et les entreprises danoises", ajoute Simon Kollerup, le ministre danois de l'Industrie, du Commerce et des Affaires financières.

Plus de 12 millions d’euros investis pour le Tour

Il n’y a pas que le monde politique qui soutient à 100 % la candidature de la ville. La reine Margrethe II du Danemark (dont le mari Henri de Laborde de Monpezat était… français) a même évoqué la Grande Boucle dans son discours du Nouvel An. Il faut dire que l’investissement financier pour accueillir le Tour de France est considérable. On parle de plus de 12 millions d’euros, répartis entre les cinq villes étapes (Copenhague, Roskilde, Nyborg, Vejle et Sonderborg), le gouvernement et les régions, en comptant les surcoûts liés au report d’un an du Grand Départ depuis le Danemark. Il aurait, en effet, dû avoir lieu en 2021. Mais le report de l’Euro 2020 à l’été 2021 n’a pas permis d’accueillir les deux grands événements en même temps, pour des raisons logistiques. C’est donc de Brest (et de manière plus sécurisante vu le contexte sanitaire de l’été dernier) que le Tour 2021 s’était élancé. Avec un rendez-vous fixé un an plus tard à Copenhague.

Trois jours de fête incomparable

Ce rendez-vous, c'est maintenant. Près d'un million de personnes sont attendues au bord des routes danoises entre vendredi et dimanche. "Ce sera le plus grand événement sportif jamais vu au Danemark", n'avait pas caché le précédent maire de Copenhague, Frank Jensen, lors de la présentation officielle.

La rencontre s’annonce grandiose entre le vélo de "monsieur tout le monde" et le cyclisme professionnel. Le nombre de coureurs danois au départ sera d’ailleurs le plus élevé jamais relevé dans l’histoire (après les 11 de 2021). La fête peut commencer.

Les chiffres de la ville la plus cyclable du monde

À Copenhague, le vélo est un mode de vie. La capitale danoise mérite amplement son titre de ville la plus cyclable du monde. La preuve en chiffres.

Il y a 386 kilomètres de piste cyclable à Copenhague.

Plus de 100 millions d'euros ont été investis lors de la dernière décennie dans le cyclable.

Les 600 000 habitants de Copenhague possèdent 736 000 vélos.

Un habitant de Copenhague parcourt, en moyenne, trois kilomètres par jour.

44 % des trajets du domicile au lieu de travail sont effectués à vélo.

62 % des trajets à Copenhague se font à bicyclette.

97 % des Copenhaguois sont satisfaits des conditions de circulation à vélo au sein de la ville.

750 kilomètres d'autoroutes cyclables : c'est l'objectif de la Ville à l'horizon 2045

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