Captain Phil veut boucler la Grande Boucle

Le Liégeois, qui fêtera ses 40 ans mardi entre Dunkerque et Calais, veut mêler ambition collective et personnelle pour son dernier Tour

Captain Phil veut boucler la Grande Boucle

Tout fout le camp, même le respect des aînés. Mercredi soir à l'ombre des jardins du Tivoli où avait lieu la présentation des équipes au public de Copenhague, le jeune Danois Andreas Kron n'a pas hésité à charrier son équipier Philippe Gilbert lorsque le présentateur lui demanda ce que cela faisait de s'élancer à l'assaut de son premier Tour de France depuis sa région natale et aux côtés d'une telle légende du sport cycliste. "On doit souvent l'aider avec les nouvelles technologies", s'est esclaffé celui qui a fait étalage de ses progrès en montagne sur le dernier Tour de Suisse (16e) dans un éclat de rire général qui traduit plutôt bien le bonheur du Liégeois de boucler la Grande Boucle lors de sa dernière saison dans le peloton.

Dans la foulée de deux chutes (2018 et 2020) qui l’avaient empêché de voir Paris, Gilbert avait mis un point d’honneur à rejoindre les Champs-Élysées en juillet dernier en dépit d’une jauge de plaisir trop souvent restée calée sur le chiffre zéro.

"Je sais que j'avais dit l'année dernière que je ne reviendrais probablement pas sur le Tour, mais il s'agissait d'une édition très spéciale", commentait ainsi l'ancien champion du monde dans la presse flamande. "Nous y avions perdu Caleb Ewan très rapidement (4e étape) sur chute et cela a rendu notre tâche difficile sur le plan mental. Il y avait beaucoup de problèmes et de discussion dans l'équipe. Le Tour n'est déjà pas facile quand tout va bien, alors dans ce contexte… Mais cette course reste la plus grande du monde. Et une fois qu'une nouvelle saison s'ouvre et que vous sentez au cours de celle-ci que la forme arrive, vous avez alors automatiquement envie d'y être."

Un 12e Tour de France (et 25e grand tour !) que l'Ardennais aborde sereinement. "Le stress était présent jusqu'au test Covid de ce mercredi visant à avaliser notre engagement, car il s'agit de la seule chose que l'on ne peut pas maîtriser dans notre approche de ce grand rendez-vous", confiait ainsi le Wallon.

Vétéran d'une sélection qui comporte en son sein deux novices (Kron et Vermeersch), "Captain Phil" tentera de faire profiter au mieux ses partenaires de son vécu. "Personne dans l'équipe, même parmi les directeurs sportifs, n'a autant d'expérience que moi. Je pense donc pouvoir apporter pas mal de choses à ce collectif. Un capitaine de route, c'est important, car il faut parfois savoir lire la course et prendre une décision en une fraction de seconde."

Une ambition collective que Gilbert combinera avec certaines aspirations personnelles "bien légitimes", juge son manager et patron John Lelangue.

"Depuis les Quatre Jours de Dunkerque (NdlR : victoire d'étape et au général), je suis de retour à mon niveau."

De quoi pouvoir rêver d’une victoire d’étape mardi prochain à Calais, le jour de ses 40 ans, sur un profil qui pourrait lui sourire (ascension du Cap Blanc-nez à 11 kilomètres de l’arrivée) ? L’histoire serait belle et la Grande Boucle bouclée d’une superbe manière…

Ewan : "Une approche des sprints différente"

L’Australien sera épaulé par un tout nouveau "train" sur ce Tour et devra s’y adapter.

Tête de gondole de la formation Lotto-Soudal dans sa chasse aux étapes, Caleb Ewan devra composer sur ce Tour de France avec un tout nouveau "train". Habituellement emmené par Roger Kluge et Jasper De Buyst, l’Australien sera, en effet, privé de l’expérience de l’Allemand (36 ans et en partance) tout comme du sillage de son poisson-pilote brabançon attitré, pas encore à son meilleur niveau après une fracture à la hanche encourue lors du Tour de Turquie à la mi-avril.

"L'approche des sprints sera forcément différente dans ce contexte, juge celui qui compte déjà cinq victoires d'étapes sur la Grande Boucle. Nous ne travaillerons pas de la même manière, mais j'ai une totale confiance en les équipiers qui seront chargés de m'amener jusqu'à la flamme rouge. Dans le dernier kilomètre, je peux ensuite me débrouiller pour prendre les bonnes roues et faire mon truc mais il faut avant cela que je sois bien positionné et surtout que je puisse économiser un maximum de force dans les dix dernières bornes."

Le Sud-Africain Van Rensburg sera ainsi le dernier homme attitré du sprinter de poche alors qu’il appartiendra à Vermeersch, Van Moer et Frison principalement de travailler en amont.

"La première semaine du Tour de France est tellement nerveuse qu’il conviendra de passer entre les gouttes pour éviter les chutes, tout en tentant de saisir à pleine main les rares opportunités qui s’offriront aux sprinters. La seconde étape, avec ce pont de 18 kilomètres qui risque d’être balayé par le vent, promet ainsi d’être extrêmement stressante. Mais après ma chute en début d’épreuve l’année dernière, j’ai envie de voir Paris… en ayant levé les bras !"

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