Edito: Tadej Pogacar veut écrire l’épisode 3 du Roi Lion

Notre envoyé spécial à Copenhague consacre son édito du jour au grand favori du Tour: le double vainqueur sortant Tadej Pogacar.

Eric de Falleur
Edito: Tadej Pogacar veut écrire l’épisode 3 du Roi Lion
©D.R.

Tadej Pogacar a 23 ans. Il fêtera son prochain anniversaire le 21 septembre. Aujourd’hui, on peut raisonnablement imaginer que le n°1 mondial aura d’ici là ajouté à son palmarès un troisième succès dans le Tour de France. Il en est, en tout cas, le grand favori. Mais si, à chaque fois, tous les prétendants attendus avaient remporté les courses, le cyclisme ne connaîtrait pas l’intérêt qui est le sien.

Tadej Pogacar est pourtant un phénomène. De précocité certainement car personne n’a ramené aussi jeune que lui deux maillots jaunes à Paris. S’il s’impose à nouveau sur les Champs-Élysées, le dimanche 24 juillet prochain, "Pogi" accentuera encore son avance sur les autres multiples vainqueurs du Tour. Eddy Merckx avait 26 ans quand il s’imposa pour la troisième fois et Bernard Hinault près de 27 ans. Il pourrait en avoir déjà six dans la musette au même âge que le Bruxellois et sept que le Breton. Les autres, Jacques Anquetil, Miguel Indurain, Chris Froome, Greg LeMond, Louison Bobet ou Philippe Thys étaient tous plus âgés encore.

Donnons un coup de frein (à disque) car il est aussi compliqué que hasardeux de se livrer au jeu des comparaisons. Jusqu’à maintenant, le coureur d’UAE Emirates tient le même rythme qu’Eddy Merckx pour alimenter son palmarès. En tout cas, le plus grand champion cycliste de tous les temps n’hésite pas à adouber son cadet comme étant le successeur qu’on lui a tant et tant promis depuis près d’un demi-siècle.

Heureusement donc, comme le sport en général, le cyclisme n’est pas une science exacte ou un jeu vidéo. Il y a de nombreux paramètres incontrôlables qui entrent en ligne de compte. Un écart intempestif, une chute malencontreuse, un malheureux incident mécanique, une crevaison au mauvais moment, une bordure ratée et la victoire dans le Tour s’envole. Sans parler de l’épée de Damoclès XXL qui menace à nouveau avec le retour du coronavirus dont le peloton pensait s’être débarrassé comme on jette son bidon dans la zone ad hoc, cette Grande Boucle 2022 recense plus de pièges que la plupart des dernières éditions. S’ils arrivent plus ou moins sans encombre, voire avec un petit boni, au pied de la Super Planche des Belles Filles, le vendredi 8 juillet, tous les favoris pousseront un grand ouf de soulagement.

Éviter les multiples dangers de la première semaine, c’est un des enjeux, le principal évidemment, du 109e Tour qui débute ce vendredi à Copenhague. Au Danemark et un vendredi ? Oui, le départ dans la capitale danoise et le transfert qui suivra les trois premières étapes ont obligé les organisateurs à solliciter auprès de l’UCI l’obtention d’une troisième journée de repos qui n’en sera pas vraiment une avec plus de mille kilomètres de transbordement vers la France. Où, après le chrono d’ouverture et les risques liés au vent en bord de la Baltique ce week-end, les coureurs lutteront d’abord dans les monts du Boulonnais et sur les côtes de la Manche, puis, surtout, sur les pavés du Nord. À Binche, qui retrouve la caravane pour la deuxième fois en trois ans, on pourra déjà déterminer qui a, ou non, perdu la course au maillot jaune. Laquelle se jouera ensuite, dans les Alpes d’abord, dans les Pyrénées ensuite puis, enfin, s’il le faut encore, sur le dernier contre-la-montre athlétique tracé dans le Lot à la veille de l’arrivée aux Champs-Élysées.

C’est un Tour piégeux dans sa première partie, peu favorable globalement aux sprinters, qui offre plusieurs opportunités aux puncheurs et est promis à un champion vraiment complet. À quelqu’un qui n’hésitera pas à saisir les occasions d’envoyer dans les cordes ou au tapis ses adversaires. Ça tombe bien, Tadej Pogacar est l’archétype de ce coureur offensif qui conjugue panache et talent. Comme Wout van Aert d’ailleurs qui emmène une délégation belge ambitieuse forte de 18 éléments. L’ancien champion de Belgique entame le Tour avec trois grands objectifs : porter le maillot jaune, de préférence après avoir enlevé le chrono d’ouverture, ramener le maillot vert à Paris mais également aider ses deux partenaires, Primoz Roglic et Jonas Vingegaard à mettre à mal l’hégémonie de Pogi.

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