Le Covid, l’invité dont le Tour se serait bien passé

Le retour de la Covid-19 fait planer une forte menace sur la course au maillot jaune.

Le Covid, l’invité dont le Tour se serait bien passé
©AFP

La menace d’un retour en force de la Covid-19 plane au-dessus du Tour de France. Depuis le Tour de Suisse et la cascade de renoncements et d’abandons qu’avaient engendrée de nombreux contrôles positifs, le peloton vit dans la peur. Un sentiment bien palpable dans les couloirs des hôtels où logent les équipes dans la capitale danoise ainsi que, surtout, à la permanence de la Grande Boucle, au Bella Center.

Pourtant, on l’a vu, la présentation des coureurs dans les jardins de Tivoli s’est faite dans la bonne humeur et une ambiance de kermesse. Il faut bien le reconnaître les gestes barrières ont disparu au pays de la Petite Sirène.

Pour les coureurs et les équipes de la 109e Grande Boucle, la perspective de présenter un ou plusieurs contrôles positifs est vécue comme un cauchemar qui pourrait tout ruiner.

À la série de ceux qui avaient déjà dû déclarer forfait en amont du Grand Départ, comme Tim Declercq que le récent champion de France Florian Sénéchal a remplacé au pied levé, se sont ajoutés quelques coureurs ces dernières 48 heures. Personne n’est à l’abri, Tadej Poagacar pas plus qu’un autre. Le double vainqueur du Tour a vu un des piliers de sa formation, Matteo Trentin, devoir déclarer forfait. Il a été remplacé par Marc Hirschi.

Chez Astana Qazaqstan aussi, l’Italien Samuele Battistella, qui se faisait une joie de découvrir le Tour de France quelques jours après être monté sur le podium du championnat d’Italie (on comprend mieux maintenant pourquoi de nombreux coureurs ont déclaré forfait pour leur National, le week-end dernier), a dû céder sa place à un autre néophyte, le Biélorusse Aleksandr Riabushenko.

Chez Israel-Premier Tech, c’est Omer Goldstein qui ne partira pas. Il a été remplacé par le Canadien Guillaume Boivin.

"Cela me fait vraiment mal de ne pas pouvoir participer au Tour, a expliqué l'Israélien. J'avais tellement travaillé pour cela. Mais je comprends le choix de ma formation de ne faire prendre aucun risque à mes équipiers."

Deux autres coureurs sont incertains. Chez Israel, toujours, le Sud-Africain Daryl Impey qui est considéré comme un cas contact à très haut risque de Goldstein manquait ce mercredi lors de la présentation officielle des coureurs dans les jardins du parc de Tivoli. Tout comme Bob Jungels (voir ci-contre). Son possible retrait replacerait Greg Van Avermaet dans l’équipe française.

À moins qu’ils ne présentent des symptômes ces prochains jours, les coureurs sont désormais tranquilles jusqu’à la nouvelle série de tests qui seront effectués lors de la deuxième journée de repos, le 11 juillet à Morzine.

Il n’y a évidemment pas que les coureurs à être concernés par ces tests et cette menace.

"C'est un peu une roulette russe, admet Thierry Marichal, le directeur sportif de Cofidis. On doit changer des gens dans le staff parce qu'un mécano ou un soigneur est positif. Tant que ce n'est pas un coureur, ça va, mais ça cause quand même des soucis, il faut rappeler quelqu'un prévu ailleurs, modifier le planning, le tester, le faire venir…"

Manager sportif chez Israel-Premier Tech, Rik Verbrugghe est écarté, tout comme Merijn Zeeman, le directeur sportif de Jumbo-Visma. Pourtant, lors du point presse de ce mercredi, personne dans l’équipe néerlandaise n’a évoqué cette absence, à commencer par Wout van Aert.

"Le Covid n'est pas quelque chose de nouveau", disait le Belge, lui-même touché au printemps par le coronavirus ce qui lui avait coûté sa participation au Tour des Flandres. "On s'y est malheureusement habitué ces deux dernières années. Il n'y a pas de grande différence. Bien sûr, tout le monde est un peu plus inquiet pour le moment, mais nous restons prudents. Nous sommes tous en bonne santé et nous faisons ce que nous pouvons pour que cela reste comme ça. J'espère qu'on pourra vite se focaliser sur la course."

Ce que Stefan Küng a pensé ne pas pouvoir faire. Comme son équipier Thibaut Pinot, semble-t-il, le Suisse est passé par le chas de l’aiguille. Il y a dix jours, il devenait papa d’un petit Noé, 48 heures après avoir terminé cinquième de son tour national où plus de 30 cas avaient été détectés. Le jour même, le coureur helvète de Groupama-FDJ a subi un test de détection qui s’est révélé positif. Le double champion d’Europe du chrono a alors pensé qu’il pouvait faire une croix sur le Tour, mais huit jours plus tard, le voici négatif et donc apte à courir la Grande Boucle qu’il n’aborde pas, son chrono d’ouverture notamment, dans les meilleures conditions cependant.

Jusqu’à l’arrivée à Paris, sans doute, le Tour de France va donc vivre en retenant son souffle. Les bulles de 30 personnes par équipe (8 coureurs et 22 accompagnants, directeurs sportifs, médecins, soigneurs, osthéo, mécaniciens, attachés de presse, chauffeurs…) ont été réactivées.

"Le protocole de l'UCI (voir ci-contre) s'est assoupli, mais en interne on a renforcé les mesures", confesse Maxime Segers, le bras droit de Jean-François Bourlart chez Intermarché-Wanty Gobert. "Le problème du Tour, si je peux dire, c'est son succès populaire. Par rapport au Giro ou au Dauphiné, il y a beaucoup plus de gens, de spectateurs, de médias, d'invités… Et donc plus de risques. On vit dans une bulle, mais à l'hôtel, il y a 50 personnes qui prennent leur petit-déjeuner dans la même salle que les coureurs sans prendre de mesures particulières. Les deux dernières années, nous étions dans des salles séparées quand les hôtels n'étaient pas totalement privatisés. Ce n'est plus vrai."

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