Le triptyque danois, les pavés, les Alpes, les Pyrénées et un chrono final: les cinq temps forts du Tour 2022

Les 21 étapes et 3 350 kilomètres se répartissent en cinq grands blocs importants.

Le triptyque danois, les pavés, les Alpes, les Pyrénées et un chrono final: les cinq temps forts du Tour 2022
©ANP / REMKO DE WAAL

C’est un poncif : le Tour dure trois semaines et s’il peut se perdre tous les jours, il ne se gagne qu’après avoir franchi l’obstacle de ses 21 étapes. Le parcours 2022 dessiné par Thierry Gouvenou ressemble a priori aux précédents avec un savant mélange entre étapes chronométrées, de plaine et de moyenne et haute montagne. Sauf que cette 109e édition recèle pièges, surprises et difficultés qui obligent les principaux prétendants à être performants d’emblée, à s’exprimer avec succès sur différents types de terrains et à être suffisamment entourés.

Son tracé comporte cinq blocs de temps forts.

Le triptyque danois

D’abord les trois jours au Danemark. D’emblée, ce vendredi, le chrono de Copenhague, plat, plus long qu’un prologue (13,2 km) mais technique, est promis aux rouleurs. Il va donner le ton. Ces dernières années, un contre-la-montre en ouverture du Tour est devenu l’exception.

Avant la 3e, promise a priori à un premier sprint massif à Sonderborg, la 2e étape qui finit à Nyborg pourrait, elle aussi, provoquer des écarts, voire des dégâts. Dans sa plus grande partie, les coureurs longeront le littoral de la Baltique pour finir, dans les 20 derniers kilomètres, et après un virage à 90° qui modifiera forcément la direction du vent, par un passage aussi spectaculaire que piégeux sur le pont du Grand Belt et ses 18 km au-dessus de la mer.

Le Tour chez les Chtis

De Dunkerque, départ de la 4e étape, à Longwy, terme de la 6e, voici trois autres étapes à suivre. La première finit à Calais, après de multiples ascensions dans les monts du Boulonnais, sur des routes accidentées où, une fois encore, le vent peut s’inviter dans la finale. Gare aux bordures.

La suivante sera l’un des temps forts de ce Tour. Entre Lille et Arenberg, 19,4 km de pavés répartis en 11 secteurs (dont cinq empruntés à Paris-Roubaix), agrémentent cette 5e étape, cauchemar de tous les prétendants au classement, avec une finale plus corsée que lors des derniers passages chez les Chtis.

Enfin, après un départ de Binche, la 6e étape, la plus longue du Tour (220 km), offre un final pour puncheurs en dents de scie qui provoquera aussi des (petits) écarts.

Une traversée musclée des Alpes

Après une semaine de course, le rendez-vous à la Super Planche des Belles Filles (terme de la 7e étape) donnera une première occasion de jauger les favoris en montagne. Mais après les Vosges et la traversée de la Suisse (à Lausanne, une autre arrivée en bosse attend les coureurs), c’est dans les Alpes que se jouera un autre acte important de la course.

Entourant la journée de repos à Morzine, le 11 juillet, deux étapes terminent en altitude, à Chatel puis Megève, mais ne sont pas considérées comme des arrivées au sommet avec une finale en montée mais roulante. Au contraire et même si elles sont courtes, les 12e et 13e étapes donneront ensuite une nouvelle inflexion à la course au maillot jaune.

D’abord entre Albertville et le col du Granon. Les Lacets de Montvernier et le col du Télégraphe préfaceront la finale par-delà le Galibier (toit de cette édition) et l’arrivée au Granon (à 2 413 mètres après 11,3 km à 9,2 %) où le Tour n’est plus venu depuis 36 ans.

L’étape suivante, le 14 juillet, promet, avec ses 4 750 mètres de dénivelé, un autre feu d’artifice. C’est le retour à l’Alpe d’Huez après quatre ans. Avant de grimper la montée et ses légendaires 21 virages, les coureurs auront déjà grimpé le Galibier (en sens contraire de la veille) et le col de la Croix de Fer.

Les Pyrénées pour finir

Après trois étapes (à Saint-Étienne, Mende et Carcassonne) durant lesquelles les favoris chercheront à épargner leurs forces pour la fin, c’est dans les Pyrénées que devrait se jouer définitivement la course. Trois étapes, d’une difficulté allant crescendo, y attendent le peloton. La 16e, finissant à Foix, ne devrait guère provoquer d’écarts, sauf défaillance inattendue. Au contraire, la 17e, terminant sur l’altiport de Peyragudes et ses très forts pourcentages (où Froome avait marqué le pas, en 2017), annonce une belle bataille. D’autant que la montée finale sera précédée des ascensions de l’Aspin, de la Hourquette d’Ancizan et du col de Val Louron-Azet.

C’est cependant le jeudi 21 juillet que tout peut se jouer entre Lourdes et Hautacam avec, en fin d’étape, un fol enchaînement des cols d’Aubisque, de Spandelles (inédit au Tour mais aussi dur, voire plus, que l’Alpe d’Huez) avant l’ultime montée vers la station des Hautes Pyrénées où le Tour n’est plus revenu depuis 2008.

Un chrono final musclé

Mais ce n’est pas tout. La finale dingue de 2020 nous a rappelé qu’un Tour n’est jamais terminé avant Paris. À la veille de l’arrivée aux Champs-Élysées, le deuxième contre-la-montre, sur 40,7 km dans le Lot, sera difficile. C’est un chrono athlétique, très technique et relativement long (près de 50 minutes d’effort total) avec des derniers kilomètres vraiment difficiles. Il pourrait provoquer des défaillances avec deux côtes dans les six derniers kilomètres : d’abord une de 1,6 km à 4,7 %, puis, dans les rues de Rocamadour une dernière de 1,5 km à 7,8 %, abordée à l’arrêt. C’est à son sommet qu’est tracée la ligne d’arrivée où l’on connaîtra, 24 heures avant l’apothéose aux Champs-Élysées, le nom du vainqueur du Tour 2022.

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