Le transfert du Danemark vers la France: un casse-tête logistique pour les équipes du peloton

Comment le peloton a rejoint la France en provenance du Danemark ? Explications avec Elisa Cuyt, responsable de la logistique chez Intermarché-Wanty-Gobert.

Lehaire David
Le transfert du Danemark vers la France: un casse-tête logistique pour les équipes du peloton
©BELGA

C’est un peu l’aventure dans l’aventure. Une opération fastidieuse qu’il faut mener à bien pour que la suite du périple puisse se dérouler tout à fait normalement. Le transfert du Danemark jusqu’à Lille où le Tour de France continuera sa marche en avant dès mardi, après une première journée de repos, est le défi des responsables de la logistique de chaque équipe. C’est leur sommet à eux, le point culminant de leur Grande Boucle.

"Et quand tout se passe bien, on a le sentiment, très grisant, d'avoir bien fait les choses", nous explique Elisa Cuyt, en charge chez Intermarché-Wanty-Gobert que tout et tout le monde arrive à bon port. Ce travail demande minutie et organisation. "Si tu prends chaque élément individuellement, c'est facile. Par exemple, tout le monde est capable de réserver un billet d'avion, sourit-elle. En revanche, quand tu regroupes toutes les choses, cela requiert une vraie feuille de route. Parce qu'il ne faut rien oublier."

C'est leur hantise. Davantage encore que les membres de la formation, c'est le matériel qu'il faut couver. "J'ai entamé les préparatifs de ce transfert il y a un mois mais plus on s'en rapproche, plus la tension monte. Cette nuit, je me suis réveillée pour m'assurer que tout était en ordre", nous raconta-t-elle ce dimanche matin.

Ce lundi, tout le monde, coureurs, membres du staff et cuistot se retrouveront, donc, à Lille, dans un hôtel réservé en collaboration avec les organisateurs de la Grande Boucle.

Chez Wanty, comme ailleurs, ils y arriveront en plusieurs convois. "L'organisation a fait en sorte que, dès après l'étape du dimanche, un vol charter amène à Lille les huit coureurs de chaque équipe, ainsi que trois membres du staff."

Afin que les forçats de la route puissent récupérer des efforts fournis sur le vélo, le cuistot a déjà transmis ses consignes à l'hôtel lillois où ils passeront le lundi de repos. "Hormis les deux directeurs sportifs et le médecin qui prennent l'avion avec les coureurs, tout le reste part par la route dans la soirée", poursuit notre interlocutrice.

Cela veut dire une quinzaine de personnes dans cinq voitures et une camionnette. Sans oublier l'immense camion avec le matériel et les vélos qui sera remplacé, à Lille, par un autre venu en droite ligne du service de course de la formation wallonne, à Tournai. "Pendant que nous roulons vers la France, deux autres mécaniciens rejoignent Lille afin de déjà préparer tout ce qui peut l'être pour les coureurs. Il ne faut pas oublier que ceux-ci doivent quand même rouler un peu lors d'une journée de repos."

Quant au personnel, qui aura voyagé toute la nuit pour effectuer les neuf cents bornes entre le Danemark et le Nord de la France, il s’octroiera un peu de récupération durant la journée, histoire de trouver son second souffle pour aborder la suite d’un marathon qui ne fait, à dire vrai, que commencer.

Le cuistot, qui aura, lui, quitté le Danemark dès dimanche matin (après le petit-déjeuner) pour arriver dans la soirée ne manquera pas d’attendre tout ce monde avec les aliments nécessaires pour retrouver l’énergie indispensable.

"C'est du sport pour moi", ajoute notre interlocutrice en riant. "Mais ce transfert est plus facile que celui effectué au Tour d'Italie. Comme il partait de Hongrie, il avait fallu doubler tous les véhicules. Et je ne vous raconte pas les complications quand nous avons dû prendre le bateau en Sicile."

Après un dimanche mouvementé, Elisa Cuyt et ses confrères vont pouvoir reprendre leur mission quotidienne avec calme. "Les déplacements dans le même pays sont faciles à gérer. Avec l'habitude, on voit ça au jour le jour."

Mais avec le même impératif : "Ne rien oublier."

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