Wout van Aert compte bien défendre son maillot jaune : "les prochaines étapes sont difficiles"

Trois fois deuxième lors des étapes danoises, Wout van Aert retourne en France avec le maillot jaune sur les épaules et il entend bien le défendre plusieurs jours.

Eric de Falleur
Wout van Aert compte bien défendre son maillot jaune : "les prochaines étapes sont difficiles"
©BUREAUX RÉGIONAUX

C’est un jour spécial dans ma carrière. Porter ce maillot jaune, c’est quelque chose d’exceptionnel. Je courais après depuis des années et j’avais énormément travaillé pour cela. Mais, je viens de terminer trois fois deuxième de suite, en étant devancé chaque fois de peu. Ça doit être un record, certainement."

En fait, Wout van Aert a égalé la performance, car cela en reste une, réussie par Alfredo Binda lors du Tour de France 1930, le premier disputé par équipes nationales. Mais, contrairement à l'Italien, premier triple champion du monde de l'histoire, Wout van Aert aura, lui, porté le maillot jaune et c'est bien plus qu'un lot de consolation, on l'imagine. "Une deuxième place, ce n'est pas nouveau pour moi, lâcha-t-il déjà samedi, non sans humour. Poulidor était aussi un grand champion."

Pourtant, comme Binda, le grand-père de Mathieu van der Poel n'a jamais eu le bonheur de se vêtir de jaune comme c'est désormais le cas pour le Campinois. "Porter ce maillot en course, c'est énorme, j'ai vécu une journée exceptionnelle, d'autant qu'elle était plus tranquille que la précédente, avoua-t-il à l'arrivée à Sonderborg. C'est immense de voir tous ces gens sur le bord de la route, cette ambiance et c'est encore plus beau avec ce maillot sur les épaules. C'est un sentiment vraiment particulier et un de mes rêves qui s'est réalisé. J'étais passé si près, les dernières années. Comme en 2019, quand j'avais pensé quelques minutes pouvoir succéder à mon équipier Mike Teunissen, distancé, avant que Julian (Alaphilippe) n'attaque et s'en empare. L'an dernier, aussi, j'avais couru après pendant une semaine, en vain."

Après avoir été devancé par Yves Lampaert dans le chrono à Copenhague, puis par Fabio Jakobsen, samedi dans l’étape du pont du Grand Belt, le Belge, auquel six secondes de bonification avaient offert la tunique d’or, a buté de nouveau le lendemain face au jump de Dylan Groenewegen. Le Belge ajoutait ainsi une 29e deuxième place à son impressionnante collection d’accessits. Rien que cette saison, il s’est classé dix-sept fois parmi les trois premiers, en vingt-cinq courses !

"Les autres jours, j'avais été battu par plus fort que moi, fit remarquer le coureur de Jumbo-Visma. Je ne dis pas que Dylan n'était pas fort aujourd'hui, mais si je reste un peu plus dans le sillage de Christophe (Laporte), je gagne sans doute."

Le leader du Tour ne tarit pas d'éloges à propos de son équipier français qui l'avait aussi emmené avec succès lors du sprint intermédiaire, comme la veille déjà. "Je dois vraiment remercier Christophe pour tout ce qu'il a fait, dit van Aert. Il a été fantastique, il est en grande forme, mais je n'en ai pas profité, je m'en veux. J'aurais pu gagner si j'étais resté plus longtemps dans sa roue. Mais j'ai commis une grosse erreur, j'étais trop nerveux. J'ai vu que nous passions le panneau des 250 mètres et, en une fraction de seconde, je me suis dit que je devais y aller, que j'allais sinon me faire doubler par des gars venus de l'arrière. C'est ma faute. Bien sûr, le maillot jaune atténue ma déception, mais je suis là pour gagner des courses. Je vais devoir m'endormir avec ce double sentiment de déception et de bonheur."

Cette deuxième place lui permet aussi d'accentuer son avance au classement et de renforcer sa position en tête du classement par points où il possède désormais dix-sept unités d'avance sur Fabio Jakobsen, devancé deux fois par le Belge lors de la 3e étape et bien plus encore sur tous les autres. "Oui, c'est bon aussi pour les deux", reconnaissait l'Anversois dont Peter Sagan sera un rival pour le maillot vert, c'est certain. À l'arrivée, le Slovaque, qui n'avait pu le déborder, faute de place (et de vitesse ?) sembla le lui reprocher. "On me dit qu'il a fait un geste. Il m'a crié quelque chose mais avec le bruit, je n'ai pas compris, je ne sais pas ce qu'il y a eu. Maintenant, on verra. Je compte bien défendre le maillot jaune et conforter le vert. Il y a cette journée de repos ce lundi, ce qui est nouveau pour moi. Il va falloir rouler sérieusement, car les prochaines étapes sont difficiles, surtout mercredi sur les pavés. Je ne me fais pas de souci pour Primoz (Roglic) et Jonas (Vingegaard), ils sont en forme."

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