Philippe Gilbert a 40 ans: un anniversaire au Tour, ça se fête !

Retour sur une journée particulière pour le jubilaire Philippe Gilbert.

Lehaire David
Philippe Gilbert a 40 ans: un anniversaire au Tour, ça se fête !
©BELGA

Un anniversaire, cela se fête avec la famille et les amis. Pas avec des collègues de travail avec lesquels on n’a pas forcément des affinités."

Ce mardi matin, Philippe Gilbert, qui parle toujours de manière très franche, avait expliqué dans la presse qu’il aurait préféré célébrer son 40e anniversaire chez lui à Monaco ou chez sa femme, Bettina, à Manosque, plutôt que sur les routes du Tour de France. Reste que notre compatriote a eu droit à une journée spéciale marquée par la victoire d’un compatriote, Wout van Aert.

Le matin, au petit-déjeuner, ses équipiers s’étaient contentés de lui glisser un mot sympa à l’oreille en guise de félicitations. C’est que l’humeur était, alors, à la concentration.

Le temps pour le Pullman de la formation belge de rallier Dunkerque pour le départ et la présence du désormais quadragénaire provoqua une certaine effervescence au pied du bus de la Lotto-Soudal. Face aux nombreux journalistes présents pour l'accueillir, Thijs Roelen, l'attaché de presse, faisait très bonne figure. "Philippe va venir vous parler", sourit-il.

Ce que l'intéressé fit avec professionnalisme. En français, en flamand et en anglais, il partagea ses sentiments, sans omettre de remercier son auditoire et de prendre la pose pour les quelques fans téméraires qui avaient franchi les barrières Nadar derrière lesquelles étaient bloqués ses parents, arrivés la veille de Remouchamps. "On voulait lui faire la surprise mais ma femme, Anita, a vendu la mèche hier soir", nous glissa Jeannot, le papa.

Pendant ce temps, le champion de fiston s'adressait à la presse. "Cela s'annonce quand même une journée particulière, lança-t-il au micro de France Télévisions . Ça fait bizarre de se dire que je suis le vétéran du peloton. Mes ambitions pour ce Tour ? J'ai toujours tendance à être réaliste. J'en veux encore mais je sais que physiquement, c'est compliqué. Je suis un peu moins bon qu'à 25 ans."

Le temps de ranger une bouteille de champagne offerte par une chaîne de TV du nord du pays et il était temps pour lui d’accompagner ses équipiers au podium pour la signature d’avant-course. L’occasion d’aller enfin saluer ses parents avant de rejoindre la meute de cyclistes pour le départ…

Cent septante et une bornes plus loin, à Calais, le Remoucastrien acceptait de bonne grâce de finir l'étape dans l'ombre d'un van Aert déchaîné. Mais il n'était pas encore au bout de sa belle journée. À l'heure de l'apéro, il prit place sur le plateau de France Télévisions . Durant une dizaine de minutes, il eut droit aux images de sa victoire d'étape en 2011 et de sa terrible chute dans la descente du Portet d'Aspet sept ans plus tard. "J'ai l'impression qu'on n'a retenu de mon histoire avec le Tour que ces deux images extrêmes", réagira-t-il avant de monter dans la voiture conduite par l'attaché de presse. Direction Lens, à 1 h 30 de route de là, pour le clou du spectacle. "Je lui ai préparé un gâteau au chocolat noir, nous confiera Sean Fohler, le cuistot de l'équipe. J'y ai ajouté quelques fraises. Philippe adore ça. Il me l'a dit ce matin."

Ce n'était donc plus une surprise. "Il sait que l'on fait toujours quelque chose pour l'anniversaire d'un coureur. Il est donc venu m'en parler spontanément ce matin."

Le maître de cérémonie avait également délicatement posé 40 bougies - "Pas une mince affaire" - mais aucune inscription. "Je ne voulais pas abîmer ce beau gâteau que j'ai fait moi-même alors que je ne suis pas pâtissier."

Un peu de musique, une coupe de champagne et l’heure était venue de, déjà, se reconcentrer sur la course.

Lelangue : "Quand Philippe parle, tout le monde écoute"

À 40 ans, Philippe Gilbert achèvera donc sa carrière en fin d'année. Après 20 saisons passées au sein du peloton. Une longévité rare. "Cela va se répéter de moins en moins souvent quand on voit comme les coureurs deviennent professionnels de plus en plus tôt, pense John Lelangue, le manager de Lotto-Soudal. Ils font le métier à fond dès leur plus jeune âge, peut-être en prenant moins de plaisir. On se dirige vers des générations de plus en plus précoces et qui dureront de moins en moins longtemps."

Le Remoucastrien, lui, a de l'expérience à revendre. Il en a même plus que certains directeurs sportifs. "Il apporte à l'équipe des résultats, une vision de la course et de la légitimité. Quand Philippe parle, tout le monde écoute, qu'on soit leader ou pas. Il a le don inné de sentir la course, de deviner quand le bon coup va partir, de savoir lorsqu'il faut se repositionner. Dans ce domaine, il est le roi de l'anticipation. Quand il le dit, tout le monde bouge."

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be