La DH a reconnu la 5e étape du Tour de France avec Johan Museeuw: "Cette étape va faire exploser le classement"

On a reconnu les secteurs pavés de l’étape 5 du Tour de France avec notre consultant Johan Museeuw.

La DH a reconnu la 5e étape du Tour de France avec Johan Museeuw: "Cette étape va faire exploser le classement"
©Ennio Cameriere

Les pavés du Nord de la France, ça le connaît. Triple vainqueur de Paris-Roubaix, notre consultant Johan Museeuw est chez lui dans la région d’Arenberg. Il était donc tout naturel de l’emmener reconnaître les secteurs stratégiques de la cinquième étape du Tour, entre Lille et Arenberg.

"Mais ils ne font pas la célèbre Trouée, hein, précise d'emblée Museeuw, en enfourchant son vélo. Je connais certains secteurs, qui sont empruntés par Paris-Roubaix, mais pas tous. Cela va être une étape vraiment spéciale. Surtout s'il fait mauvais. Ou s'il y a du vent. Le spectacle sera au rendez-vous, c'est certain. Comme le classement est encore très serré, ce sera un moment important. Pour la première fois, le classement général va un peu s'ouvrir."

Après ses premiers tours de roues, notre consultant grimace. "C'est difficile, précise-t-il. Et je vais être honnête : pour moi, ce n'est pas nécessaire de prévoir ce genre d'étape sur une course comme le Tour de France. Les pavés, c'est Paris-Roubaix. Et le Tour, c'est le Tour. C'est une course qui est déjà très nerveuse et dangereuse en elle-même, et on va venir lui ajouter des risques de chutes et de crevaisons. Pour le spectateur, c'est bien. Mais je parle encore avec un cœur de coureur. Pour le peloton, le danger est vraiment partout."

Ce qui pourrait créer des écarts. "La nervosité sera maximale dès le matin dans le bus. Coureurs, directeurs sportifs, soigneurs. Le matériel utilisé sera également spécifique. Tout le monde sera stressé. C'est une étape pour vrais spécialistes, comme Wout van Aert ou Mathieu van der Poel. Avec un peu de malchance, un coureur qui vise le classement général et qui n'est pas habitué aux pavés peut perdre le Tour de France, ici. Mais c'est aussi une occasion de créer des premiers écarts. Car il ne faut pas s'attendre à voir un peloton énorme arriver à Arenberg. S'il y a un groupe d'une vingtaine de coureurs, ce serait déjà énorme. Une chose est certaine : cela va faire exploser la course. "

D’autant que tous les pavés se situent dans la partie finale de l’étape, ce qui va forcément la rendre explosive. Si le premier, le secteur 11, a récemment été modifié par l’organisation (il sera finalement emprunté dans l’autre sens), le kilométrage de pavés n’a pas changé : il y en aura 19,4 répartis sur onze secteurs différents. Ce qui promet une sacrée bagarre.

Secteur 4*** : Warlaing à Brillon (2 400m) Secteur 3**** : Tilloy les Marchiennes à Sars les Rosières (2 400m) Les secteurs 4 et 3 proposent un enchaînement très rapide. Il n'y a que quelques dizaines de mètres d'asphalte entre la fin du premier, classé trois étoiles, et le début du deuxième, classé quatre étoiles. Pas de répit, donc. L'endroit sera stratégique. "Le secteur 4 se compose de quelques virages et est assez technique mais selon moi, le secteur 3 est le plus mauvais de cette étape. Et donc le plus difficile, avec quelques virages à la fin, note Museeuw, après avoir été bien secoué. Je souhaite aux coureurs qu'il fasse sec sinon il faudra jouer avec les flaques d'eau. Mais je connais bien ce secteur et le pavé y est très brut."

Lorsque la course sera dans cette portion, la bataille fera déjà rage depuis un moment. "Ce n'est pas un peloton qui va se présenter dans cet enchaînement. Ça, c'est certain, indique notre consultant. Il y aura un groupe de 25 ou 30 coureurs au maximum. Mais il est également possible d'avoir moins de dix coureurs. Ce sont deux très longs secteurs qui ont été bien choisis. On sent que Thierry Gouvenou (NdlR : le directeur technique du Tour de France, qui dessine les étapes) a fait un top 10 dans sa carrière à Paris-Roubaix (le Français a terminé 7e en 2002). Il sait qu'un coureur peut perdre le Tour ici car en cas de chute ou de crevaison, il ne sera pas évident du tout d'être dépanné. Les leaders devront faire en sorte d'avoir toujours un équipier à leurs côtés en cas de problème. Et les soigneurs, avec des roues, devront être disposés à de multiples endroits. Cela impliquera beaucoup de travail et de stress au sein des équipes, c'est une certitude."

La DH a reconnu la 5e étape du Tour de France avec Johan Museeuw: "Cette étape va faire exploser le classement"
©D.R.


"Ce secteur ne fera plus de différence"

Secteur 1*** : d'Hasnon à Wallers (1 600m) Le dernier secteur du jour est très propre. On voit à l'œil nu qu'il est en bien meilleur état que les précédents. "Ce n'est clairement pas le plus difficile, analyse Museeuw. Ce n'est pas un secteur qui va faire la différence. La route est assez large et la possibilité de rester dans les roues existe. Si un groupe arrive ici avec une belle avance, comme une minute par exemple, il ne sera pas repris et se disputera la victoire. Imaginez un trio van Aert, van der Poel, Pogacar arriver ici. Je pense d'ailleurs que ce dernier a coché cette étape, non pas pour perdre le moins de temps possible, mais pour en gagner sur des coureurs comme Roglic et Vingegaard, qu'on imagine moins à l'aise dans les conditions pavées."

"Le moment idéal pour attaquer"

secteur 5****: Erre à Wandignies (2 800m) Le secteur le plus long de l'étape représente presque trois kilomètres de pavés. "Et il est impossible de rouler sur le bas-côté car la route y est trop mauvaise, précise d'emblée Johan Museeuw une fois descendu de son vélo. C'est un secteur qui est long et qui peut être décisif. Selon moi, des spécialistes comme van Aert peuvent faire la différence ici. Dans un groupe de 35-40 coureurs par exemple, c'est un moment opportun pour placer une attaque. Le début du secteur est assez propre mais la fin, beaucoup moins. Je connais bien ce secteur pour l'avoir déjà emprunté lors de Paris-Roubaix et il faut être un habitué pour s'y sentir mieux. Il y a la possibilité d'y faire de grosses différences. Pourquoi ne pas imaginer Pogacar tenter sa chance ici ? Il a prouvé lors du Tour des Flandres qu'il était à l'aise sur les pavés."

"On peut déjà perdre le Tour ici"

secteur 10*** : Esward à paillencourt (1 600m) Ce secteur, qui sera le deuxième emprunté par les coureurs, a fait polémique lors des reconnaissances des équipes. Et pour cause, il est en… descente. Certains passages sont à -3 %. "C'est vraiment en descente, appuie notre consultant. Si le temps est sec, cela va être très rapide. C'est également très ouvert au vent. Les coureurs vont arriver ici à plus de 60 km/h. Et il y a une petite partie asphaltée au milieu du secteur qui va encore faire prendre de la vitesse. De manière générale, le pavé est très mauvais et c'est donc un endroit vraiment dangereux. Car une chute à une telle vitesse peut avoir de lourdes conséquences."

Le placement en amont de ce secteur aura une importance capitale. "Celui qui entre sur les pavés en dernier sera déjà très loin. Le peloton va forcément s'étirer, ici. Tout le monde voudra être devant à l'approche du secteur et l'entrée sur les pavés est très étroite. Plus de 100 coureurs vont se battre pour l'aborder dans les meilleures conditions. On pourrait voir des chutes avant même d'avoir mis une roue su r ce tronçon."

Même s'il n'est classé qu'avec trois étoiles, ce secteur placé à 56 kilomètres de l'arrivée risque de jouer un rôle majeur. "La course pourrait très bien se décider ici. Pour moi, il mérite plus que quatre étoiles. Au moins trois, voire quatre. Mais encore une fois : c'est dangereux. Si j'avais été le directeur de la course, j'aurais évité se secteur", termine Museeuw.

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