L’analyse de Johan Museeuw: “Si Pogacar l’avait pu, il aurait pris le jaune”

Notre consultant Johan Museeuw revient sur cette cinquième étape du Tour de France.

Lehaire David
L’analyse de Johan Museeuw: “Si Pogacar l’avait pu, il aurait pris le jaune”
©D.R.

Il évoque notamment les courses de Pogacar et Van Aert.

1.Pogacar a déjà gagné le Tour.

On attendait beaucoup de cette étape. On a vu un très bon Pogacar. Il a été très impressionnant sur les pavés. Il voulait creuser des écarts et roulait en totale confiance. J’ai l’impression qu’il n’a peur de rien. Il ne se contente pas de montrer qu’il a les meilleures jambes de tous les favoris. Il était aussi très intelligent dans sa manière de courir. Cela dit, je pense que s’il l’avait pu, il aurait pris le maillot jaune. Ce n’est pas le style de coureur qui attend la montagne pour prendre les commandes. Dès qu’il peut mettre un coup au moral de ses adversaires, il le fait. À mes yeux, il a peut-être déjà tué le Tour après une semaine.

2.Van Aert a limité la casse.

Les Jumbo-Visma ont vraiment connu une journée compliquée. Personne, je pense, ne s’attendait à ce qu’ils connaissent autant de contretemps. Wout van Aert, puis Jonas Vingegaard et, enfin, Primoz Roglic, cela fait beaucoup. À un moment, on aurait pu croire à une journée noire. Finalement, Wout sauve son maillot et Vingegaard limite la casse. En revanche, pour Roglic, c’est fini. Sur ce genre d’étape, il y a toujours un perdant. Cette fois, ça a été lui. Certes, il ne concède, en définitive, qu’un peu plus d’une minute à Pogacar mais ce dernier est tellement serein que cela me paraît rédhibitoire. Maintenant, les dirigeants de l’équipe néerlandaise doivent faire de Vingegaard le leader unique.

3.Heureusement, il n'y a pas eu de pépin physique.

En ce qui concerne Wout, je vous dirais qu’il a chuté au plus mauvais moment. Aller au sol avant d’aborder les pavés est une très mauvaise chose, de manière générale. Et, malgré ça, il a su s’accrocher. Cela dit, je me demande quand même quelles étaient les consignes. Étaient-elles claires ? Je n’en suis pas sûr parce que, parfois, Wout donnait l’impression de rouler pour Vingegaard. Parfois, on aurait dit qu’il cherchait à défendre sa tunique jaune. Vous savez à quel point j’affectionne les pavés mais, pour moi, il n’est pas nécessaire de les mettre au menu du Tour de France. Cela rend tout le peloton très nerveux parce que les coureurs ont, logiquement, peur de se faire très mal. Heureusement, il n’y a pas eu trop de casse cette fois. Pour moi, c’est le plus important.

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