Le père de Philippe Gilbert est fier de son fils après avoir fêté ses 40 ans: "Il a assez donné au vélo"

Jean Gilbert était particulièrement ému pour les 40 ans de son fils.

D. Le.
Le père de Philippe Gilbert est fier de son fils après avoir fêté ses 40 ans: "Il a assez donné au vélo"
©BELGA

Appuyé sur les barrières Nadar qui le séparent des bus des équipes, Jean Gilbert voit l'effervescence qu'il y a près du Pullman des Lotto-Soudal ce mardi midi à Dunkerque. D'emblée, il commence : "Je pense qu'après le Tour, Philippe passera un peu de temps à la maison. Nous prendrons alors le temps de fêter son anniversaire."

Philippe a souvent son anniversaire pendant le Tour. La fête en famille, c’est donc compliqué.

"En effet. Depuis 20 ans, c’est rare. Il est toujours sur les routes. Nous y sommes habitués. En tout cas, on a moins parlé de mes 40 ans. À l’époque, je travaillais à la commune d’Aywaille (rires)."

Qu’est-ce que le papa pense de toute l’attention qui accompagne son fils encore aujourd’hui ?

"Cela fait plaisir de voir qu’on ne l’oublie pas. Il y a beaucoup d’applaudissements pour lui. Cela veut dire qu’il a accompli de belles choses et j’en suis fier. Quand j’ai vu toutes les inscriptions qu’il y avait en son honneur dans la Redoute pour Liège-Bastogne-Liège, ça m’a procuré beaucoup d’émotions. Elles sont le reflet du bonheur que Philippe a donné aux gens."

Comment imaginez-vous la fin de sa carrière ?

"Je pense qu’on organisera un critérium pour le mettre à l’honneur. Mais je ne pourrais pas vous dire où et quand il aura lieu. On ne sait encore rien."

Quel sentiment vous procure le fait qu’il arrête en fin de saison ? Auriez-vous souhaité qu’il continue encore ?

"(Il réfléchit) Peu importe ce que l’on pense, nous. C’est lui qui décide. Il a toujours fonctionné de la sorte, sans nous demander notre avis. Et cela lui a assez bien réussi quand on voit son palmarès. Une chose est sûre, c’est qu’il ne reviendra pas sur sa décision. Même s’il avait été champion de Belgique il y a dix jours à Middelkerke, il l’aurait maintenue. Il a assez donné au vélo."

Quand il descend du vélo, demande-t-il des conseils à ses parents ?

"Non, il a toujours fait ses choix lui-même et il les a toujours assumés."

Si on vous dit que votre fils est le plus grand cycliste wallon de l’histoire, ça vous fait quoi ?

"C’est une immense fierté. Il a fait sa carrière, avec de très beaux résultats."

Si vous deviez retenir un moment de sa carrière…

"Impossible de n’en sortir qu’un. Le plus beau, c’est Liège-Bastogne-Liège. Il gagne à la maison, devant son public. C’était un jour de folie, dans la Redoute comme à l’arrivée. Puis, il y a aussi sa victoire à la Flèche wallonne, quatre jours plus tôt. Je ne pensais jamais qu’il allait gagner cette course. Ce Mur, en principe, était beaucoup trop raide pour lui. Enfin, il y a son titre mondial au Cauberg (en 2012). Ça, c’est sans doute le sommet de sa carrière."

Dans le peloton, il aime partager son expérience…

"Dans la vie de tous les jours, il distille aussi ses conseils. Il est partageur. En revanche, je le répète, il ne demande, pour ainsi dire, pas notre avis. Il fait ce qu’il a envie de faire et nous le dit après."

L’imaginez-vous plus calme dans son après-carrière ?

"Il pourra s’occuper encore plus de ses enfants. Cela tombe bien parce qu’il m’a dit vouloir rester quelques mois à profiter de sa famille, de ses trois enfants. Ce qu’il fera après ? Je n’en sais rien. Mais il ne restera pas les bras croisés. Il m’a déjà dit : ‘À 40 ans, je ne suis pas pensionné.’ Il a encore toute une grosse partie de la vie devant lui. Est-ce qu’il va s’occuper d’une équipe ? Franchement, aucune idée. Il ne dit rien…"

Vous portez un t-shirt "Merci Phil"…

"Il m’a procuré plein d’émotions. Je ne peux que l’en remercier. Il avait toutes les qualités pour percer, mais encore fallait-il travailler. Beaucoup de gars de sa génération avaient du talent mais ils n’ont pas autant bossé que Phil. Il peut être fier de lui, de tout ce qu’il a accompli."

Qu’attendez-vous de son dernier Tour de France ?

"Ah, s’il pouvait gagner une étape, ce serait fabuleux. Ce serait la cerise sur le gâteau."

La plus grande réussite de Philippe n’est-ce pas d’avoir roulé 20 ans au plus haut niveau ?

"Sa plus grande réussite, je ne sais pas. Mais c’est sûr que ce n’est pas fréquent. Voir les jeunes entamer leur carrière à fond, avec un rythme effréné, m’effraie un peu. On leur en demande tellement !"

Être fort sollicité parce qu’on est parents de champions, c’est agréable ?

"Moi, ça ne me dérange pas, mais ma femme n’apprécie pas trop ça. Disons que nous aimons être tranquilles. C’est un peu la rançon de la gloire."

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