L'édito du Tour de France: à en perdre le nord

Un édito de notre envoyé spécial en France, Eric de Falleur.

L'édito du Tour de France: à en perdre le nord
©Montage

Si, malgré les envolées répétées de Wout van Aert, il avait donné l’impression de ronronner un peu, tel un moteur qui tarde à démarrer réellement, le Tour s’est repris ce mercredi sur les pavés du Nord. La course au maillot jaune y a vécu une journée folle, chaotique et poussiéreuse. À l’image de celle de son porteur qui, après avoir chuté avant même d’arriver dans le premier des onze secteurs, a vécu des heures compliquées.

Du départ à Lille jusqu’à l’arrivée à l’entrée de la célèbre Trouée, Wout van Aert est passé par tous les sentiments. Après avoir cédé virtuellement la tunique pendant la plus grande partie de la journée, le Campinois l’a finalement sauvée de très peu. Ce jeudi, il repartira de Binche avec treize secondes d’avantage, ce qui est sans doute mérité pour tout ce qu’il nous avait offert comme émotion et spectacle depuis Copenhague. Ses ennuis et les problèmes que vécurent les deux autres leaders de la Jumbo-Visma, une équipe qui semblait au-dessus du lot jusqu’ici et dont on se demandait à quelle sauce elle allait manger ses rivales dans les tronçons de Paris-Roubaix, mettent une fois encore en évidence le fait que rien n’est jamais acquis dans un grand tour, et encore plus dans le principal d’entre eux. Car ce fut, c’est vrai, une étape pleine de rebondissements, c’est le cas de le dire, même si, finalement, rien de définitif n’aura été enregistré au pied de la fosse d’Arenberg.

Elle ajoutera beaucoup d’eau au moulin de ceux qui se déchirent pour savoir si, oui ou non, les pavés ont leur place sur la Grande Boucle. Tadej Pogacar a cependant démontré une nouvelle fois qu’il est capable de rouler sur tous les terrains et que l’offensive est sa marque de fabrique. Pour l’intérêt futur du Tour, on doit malheureusement se réjouir que le Slovène ait lui aussi faibli sur la fin de l’étape. Ce qui a permis à bon nombre de ses adversaires, dont Jonas Vingegaard, de ne céder qu’une quinzaine de secondes au double vainqueur, quand un moment leur retard flirtait avec la minute. Même un scénariste de la meilleure série de Netflix n’aurait pas osé imaginer cela.

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