Tour de France: Pogacar a jeté un pavé dans la mare

Si van Aert a sauvé de justesse le maillot jaune dans une étape gagnée par Clarke, le Slovène est le gagnant du jour, alors que d’autres ont déjà perdu le Tour.

Tour de France 2022 - Stage 05
©Photo News

On s’attendait à ce que Wout van Aert finisse par lâcher son maillot jaune vendredi, au sommet de la Super Planche des Belles Filles, voire qu’il le conserve même un ou deux jours de plus, mais pas à ce qu’il vacille sur les pavés généralement empruntés par Paris-Roubaix. Car le passage de témoin avec Tadej Pogacar a bien failli se produire deux jours plus tôt que prévu et sur les routes de la Reine des classiques où le Campinois s’était classé deuxième au printemps, au terme d’une étape riche en bouleversements, exploits et drames multiples, petits ou grands.

Premier coureur contraint à l’abandon cette année, Michael Gogl s’est par exemple fracturé la hanche et une clavicule. Comme cela avait été le cas une fois sur deux lors des précédents passages de la Grande Boucle sur les routes de l’Enfer du Nord, l’étape a provoqué de très sérieux écarts, même si ceux-ci auraient pu être plus importants encore.

Pogacar, le gagnant du jour

De tous les prétendants à la victoire finale, le double vainqueur sortant est le vainqueur moral de la journée. Tadej Pogacar a repoussé deux de ses principaux rivaux, Primoz Roglic et Ben O’Connor à bonne distance. À l’aise sur les pavés, où ses équipiers l’avaient rapidement abandonné à son sort, le Slovène est même parti à l’attaque et l’on pensa un moment qu’il allait lutter pour la victoire d’étape avant que, dans la finale, il ne cède du terrain à ses poursuivants. Psychologiquement, il a frappé un beau coup.

"Je dois une bière à Jasper Stuyven", rigola Pogacar après l'arrivée. Il faut dire que le Louvaniste, avec lequel le coureur d'UAE Team Emirates s'était lancé en contre-attaque, espérant revenir sur les échappés, n'avait pas hésité à relayer jusqu'au bout le porteur du maillot blanc, même quand il fut évident que les deux hommes ne joueraient pas la victoire d'étape. "J'étais déjà heureux de le suivre car il m'a presque lâché. J'étais bien placé sur le secteur 3 (par ordre décroissant). J'ai souffert mais je prends quand même quelques secondes."

Treize secondes, finalement, sur la plupart de ses adversaires, même si un moment, Pogacar possédait presque une minute sur Jonas Vingegaard.

Ils s’en sortent bien

Ce dernier a sauvé les meubles dans les derniers kilomètres de l’étape. À l’image de son équipier Wout van Aert qui, comme on le lira par ailleurs, a vécu une journée détestable, comme celle de son équipe. Le Danois avait été touché par une crevaison à 37 kilomètres de l’arrivée qui généra une scène tragi-comique dans la panique qui suivit cet incident mécanique, quand Vingegaard se retrouva sur le vélo du grand Nathan Van Hooydonck, auquel il concède quinze centimètres !

Le dauphin du Tour 2021 semblait même occupé à tout perdre puisque son équipier Primoz Roglic accompagnait alors Pogacar, comme Aleksandr Vlasov ou Nairo Quintana, très à l’aise l’un comme l’autre sur les pavés.

Parmi les autres prétendants, les Martinez, Mas, Thomas, Martin, Bardet, Yates, Caruso ou Gaudu, dont certains doivent une fière chandelle à van Aert, Laporte et consorts qui maintinrent Vingegaard la tête hors de l’eau, ce qui leur permit de s’accrocher au train jaune et noir, la plupart ont dû pousser un grand ouf de soulagement en parvenant à Arenberg.

Roglic et O’Connor, les principaux perdants

Primoz Roglic, lui, a perdu 2:08 sur Pogacar, comme Alexey Lutsenko, et le leadership de la Jumbo que la crevaison de Vingegaard semblait pourtant lui assurer définitivement jusqu’à 29 kilomètres de l’arrivée. Sur un rond-point, l’ancien sauteur à ski n’a en effet pu éviter la culbute, dans laquelle Caleb Ewan (légère commotion) fut également impliqué et où, surtout, Jack Haig, un des deux atouts de la formation Bahrain, se fractura le coude gauche.

Le retard de Ben O’Connor, qu’une crevaison dans le 2e des 11 secteurs rejeta à l’arrière et qui chassa en vain avec toute son équipe ou presque durant plus de 55 kilomètres, est encore supérieur à celui du deuxième du Tour 2020. La révélation de la dernière édition (4e) a concédé 3:21 au grand favori et sans doute toutes ses chances de monter sur le podium à Paris. C’est un retard identique qu’a concédé le pauvre Louis Meintjes, l’autre principale victime parmi les prétendants.

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