Van Aert intenable, Pogacar intouchable et tactiques discutables: ce qu'il faut retenir de l'étape "belge" du Tour

La sixième étape du Tour et Wout van Aert ont mis la Belgique à l'honneur.

N. Ch.
Van Aert intenable, Pogacar intouchable et tactiques discutables: ce qu'il faut retenir de l'étape "belge" du Tour
©Belga

Le beau cadeau de Wout van Aert au public belge

Le peloton du Tour de France aura roulé moins de deux heures sur les routes belges. Et Wout van Aert les a plutôt bien rentabilisées, mettant le feu devant son public, avec plusieurs attaques qui ont étiré le peloton. Aidé par des routes "mal plates" et le vent, l'ex-champion du monde de cyclo-cross a mis le peloton sens dessus dessous.

C'était pourtant l'étape la plus longue du Tour, placée entre les pavés et la Planche des Belles-Filles. De nombreux coureurs auraient donc apprécié un peu de repos. C'était sans compter sur le panache du maillot jaune, qui a même contraint Tadej Pogacar et plusieurs outsiders du Tour à faire des efforts pour sauter de groupe en groupe, en début d'étape. Un spectacle de toute beauté réservé au public noir-jaune-rouge, qui sera rentré à la maison avec le souvenir d'un maillot jaune belge à l'attaque à 200 kilomètres de l'arrivée. Ce n'était probablement pas arrivé depuis Eddy Merckx...

Tadej Pogacar intraitable

Malheureusement pour notre compatriote, il n'a emmené que deux coureurs (Simmons et Fuglsang) avec lui dans la bonne échappée. Pas suffisant pour espérer disputer la victoire d'étape. Les meilleurs puncheurs du peloton ont donc eu l'occasion de s'expliquer à Longwy. Et à ce petit jeu, il n'y a guère eu de surprise: Tadej Pogacar a rappelé qu'il est un vainqueur de Liège-Bastogne-Liège et du Tour de Lombardie. Et qu'il est intraitable sur tous les terrains.

Après avoir dominé le sprint avec plusieurs longueurs d'avance sur Matthews et Gaudu, le Slovène se pare déjà de jaune. Une tunique qu'il pourrait très bien ne plus lâcher jusqu'à Paris.

Des erreurs tactiques, vraiment ?

Entre les attaques "matinales" de Wout van Aert et le sprint supersonique de Tadej Pogacar, on aura longtemps vu plusieurs équipes faire le travail en tête de peloton. Si UAE a évidemment assuré une sorte de service minimum, on imagine que Wout van Aert aurait aimé donner plus de fil à retordre aux équipiers de Pogacar en se lançant à l'attaque. Finalement, la journée fut plutôt tranquille puisque les formations EF Education, Bora et Alpecin sont venues collaborer en tête de peloton.

Du côté des hommes en rose, on espérait probablement voir Neilson Powless, deuxième du classement général ce matin, s'emparer du maillot jaune. Mais pour ce faire, il aurait fallu que Pogacar ne prenne pas les dix secondes de bonification de la victoire. Était-ce donc une erreur tactique de faire tout ce travail pour rien ? Difficile de blâmer l'équipe américaine, qui a tenté sa chance. Et qui pourrait essayer d'envoyer Powless dans les échappées ces prochains jours, avec la bénédiction... d'UAE.

La Bora, elle, pouvait espérer remporter l'étape grâce à la pointe de vitesse d'Alexandr Vlasov, qui a notamment remporté une étape du Tour de Suisse en puncheur, au mois de juin. Malheureusement, le Russe est tombé dans les derniers kilomètres avant de limiter les dégâts, ne concédant que cinq petites secondes sur la ligne. Cela semblait toutefois utopique de le voir rivaliser avec Pogacar sur ce type d'arrivée.

Enfin, la formation Alpecin a longtemps roulé pour Jasper Philipsen (plus que pour Mathieu van der Poel, très vite distancé). Mais l'enchaînement des quatre bosses en fin d'étape était trop difficile pour le sprinteur belge, qui a dû lâcher prise dans le tout dernier kilomètre. Peut-on pour autant en vouloir à son équipe d'avoir tenté le coup, alors que les prochaines étapes ne lui conviendront pas ?

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