Quand Van Aert se mue en équipier modèle: "Ma mission dans notre plan était claire"

Présent dans l’échappée, le Belge a fait le plein de points avant de servir de relais à Roglic et Vingegaard.

Comme si le destin avait voulu lui prouver qu'il ne faut jamais parler trop vite, Wout van Aert se souviendra sans doute pour un moment de la descente du col du Granon. Dans la foulée de la cérémonie protocolaire organisée au sommet du col alpin, le Campinois a en effet crevé sur le chemin qui le ramenait au bus de la formation Jumbo-Visma stationné dans la vallée. Un petit incident auquel l'ancien champion de Belgique trouva une astucieuse parade en offrant son maillot vert à un cyclotouriste, tout heureux de pouvoir le dépanner avec sa mini-pompe. Pas de quoi, toutefois, écraser l'énorme banane qui barrait le visage du papa du petit Georges.

"Quelle journée !, souriait van Aert. C'est vraiment le scénario dont nous rêvions. Nous avions établi un plan clair articulé autour d'une seule et unique idée centrale : mettre Pogacar sans cesse sous pression et l'isoler. Nous étions tous convaincus que cette tactique pouvait fonctionner et chaque pièce du puzzle s'est parfaitement imbriquée. Avant même que Christian Prudhomme ne baisse son drapeau, je roulais déjà dans le pare-chocs de sa voiture rouge pour prendre l'échappée car ma mission était claire (rires). L'idéal pour nous, et ce que nous avons tenté à plusieurs reprises, aurait été que Roglic réussisse à faire un trou dans le Galibier afin de contraindre Pogacar à rouler. J'aurais alors pu l'épauler dans la vallée et dans le début de la montée finale du Granon, mais cela n'a pas fonctionné malgré nos multiples tentatives. Pogacar était trop fort pour cela mais je crois qu'il a abandonné énormément de forces en répondant aux multiples offensives."

C’est donc avec une autre manœuvre que les Jumbo-Visma ont renversé le Tour : l’attaque de Vingegaard à cinq kilomètres du sommet.

"Si elle a été aussi tranchante et fait autant de dégâts, c'est aussi parce que nous avions fatigué tout le monde en amont, continuait l'Anversois. On savait que cette montée du Granon pouvait convenir à Jonas mais nous n'étions pas certains de l'importance des écarts qu'il allait pouvoir faire sur cette difficulté. Je suis content d'avoir été utile à mes équipiers lors de cette journée folle. Après avoir basculé devant eux en haut du Galibier, j'ai d'abord ramené Primoz à l'avant, car cela bluffait un peu, pour ensuite rouler en tête du groupe des favoris afin de faire fondre l'écart sur Barguil. Mais, aujourd'hui, tout le monde a fait son boulot et a sa part dans cette belle journée."

Une phrase que Primoz Roglic symbolisait à merveille. "J'ai craqué mais je m'en fous complètement. J'ai tout donné et notre plan a fonctionné."

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