L'Américain parle...enfin

Avez-vous été en difficulté dans la Madeleine et le Glandon ou bien était-ce un coup de bluff ? " Peut-être bien du bluff ! Dans le cyclisme moderne, tout le monde surveille, tout le monde a la télévision dans la voiture, que ce soient les spectateurs, les managers, les directeurs sportifs. Il a fallu faire ce petit jeu, laisser mener les Telekom et aussi souffrir quand même. "

Ce coup de bluff était-il prévu avant le départ ?
" La tactique a été établie en route. C’était un scénario idéal pour nous. Je voyais les motos-caméra monter à ma hauteur, j’avais le masque de la souffrance. "

Votre attaque était-elle préméditée ?
" Elle ne faisait pas véritablement partie d’un plan préétabli. Pour moi, c’est une étape mythique qui a une grande valeur symbolique. Je voulais gagner à l’Alpe-d’Huez. Même si j’avais dû gagner un sprint à trois, j’aurais été content. Quand j’ai attaqué, je l’ai fait pour gagner l’étape, pas pour prendre du temps à mes adversaires directs. Depuis le début du Tour, nous avons eu des malheurs dans l’équipe. Chaque soir à table, je voyais les copains blessés ou malades. On en avait parlé avec Johan (Bruyneel)), je savais qu’il fallait faire quelque chose le plus vite possible. Il fallait gagner. "

L’équipe Telekom d’Ullrich a-t-elle commis une erreur ?
" Chaque équipe choisit sa propre tactique. On sait qu’Ullrich est un grimpeur régulier, qui n’aime pas les accélérations. Quand il monte au train, il est capable de garder le rythme très longtemps. S’il est fort, il est impossible de creuser l’écart. L’an dernier, à Joux-Plane, c’est moi qui ai fini par décrocher. "

La menace Kivilev existe-t-elle pour le classement général ?
" Je ne suis pas le seul à m’en inquiéter. Tous les prétendants au podium sont concernés. Kivilev peut très bien prendre le maillot jaune. Je le sais, j’ai même essayé de le faire embaucher à l’intersaison. "

Comment se présente le contre-la-montre en côte ?
" Dans un contre-la-montre, on ne peut pas bluffer. Après un tel effort, ce sera dur de récupérer. Je n’ai encore jamais disputé un contre-la-montre juste après une étape de montagne. Ici, j’ai tout donné. En fin de compte, c’est une petite mauvaise nouvelle pour mercredi. Je sais que ce sera très dur, que je peux perdre deux minutes après une étape aussi difficile. Mais j’espère bien que non. "