Boonen a fait profil bas devant la presse

MONACO Il y avait plus de trente caméras présentes pour la conférence de presse de Tom Boonen, le tout dans un espace extrêmement confiné pas plus grand que l'arrière-salle du modeste bar de l'Allumette où Boonen avait l'habitude de convier la presse à l'avant-veille de Paris-Roubaix. On était pourtant dans le grand Méridien, avenue de la Princesse Grâce, à Monaco... Résultat pour poser une question au coureur, derrière la double rangée de cameramen et de preneurs de son, il fallait monter sur une chaise !

Pour être honnête avec vous, cette conférence du champion de Belgique est sans doute la plus mauvaise (ou la plus faible) donnée par Boonen depuis qu'il est professionnel. Lui qui est d'habitude si volubile, si expansif, est apparu presque timide et, surtout, avare de mots.

"Je suis content d'être de la partie et je vais enfin pouvoir me concentrer sur mon métier, sur le Tour" , commençait-il, les traits visiblement tirés. "Je ne serai sans doute pas tout de suite dans le coup, mais, heureusement, le Tour est long. Ce sera un défi pour moi de performer au plus haut niveau, ici, après ce qui m'est arrivé. Mais c'est un beau défi. Et si je gagne une étape, ce ne sera pas une revanche. La revanche est un sentiment stupide. Il faut gagner pour soi."

Aiguillonné par l'une ou l'autre question, Boonen retrouvera un moment sa verve pour commenter le communiqué officiel d'ASO qui n'avait manqué de faire référence à son affaire, l'organisation se disant persuadée que Boonen, vu la nouvelle chance qu'il reçoit, adoptera un comportement exemplaire durant l'épreuve. "Qu'est-ce que cela veut dire ?" demandait-il, apparemment légèrement vexé, "que je ne peux pas uriner en public ? Non, ceux qui sont ici savent que mon comportement en course ne pose généralement aucun problème. Si c'était le cas, je préférerais qu'on vienne me le dire en face."

Quand on lui demande ce qui a fait la différence entre les deux situations 2008 et 2009, il répond : "L'obstination de l'équipe. Cette fois, elle a été jusqu'au bout. Il n'empêche que pour moi, il ne sera pas facile de faire basculer l'interrupteur."



© La Dernière Heure 2009