Les 53 km du chrono entre Cérilly et St-Amand- Montrond vont désigner le vainqueur du Tour 2008

ENVOYÉ SPÉCIAL EN FRANCE ERIC DE FALLEUR

MONTLUÇON C'est le contre-la-montre de leur vie. Pour les cinq premiers du classement général du Tour 2008, l'heure de vérité est arrivée. Sauf performance exceptionnelle de Christian Vandevelde, 6e à près de cinq minutes du maillot jaune, le quintet du haut du tableau va se disputer en fin d'après-midi, sur un peu plus de soixante minutes, la victoire dans la 95e édition du Tour.

Carlos Sastre a l'avantage, mais le Madrilène, 33 ans, sait qu'il va devoir livrer "le chrono le plus difficile de (sa) vie" pour devenir le septième coureur espagnol vainqueur du Tour, après Bahamontès, Ocana, Delgado, Indurain (5 fois), Pereiro et Contador.

"Ce qui sera différent, c'est que je porterai le maillot jaune"

Le coureur de la CSC partira le dernier, tout à l'heure à 16 h 26, trois minutes après son équipier Frank Schleck, lequel suivra Bernhard Kohl, lui-même parti après Cadel Evans, qu'aura précédé Denis Menchov. En l'espace d'une douzaine de minutes, les milliers de spectateurs qui prendront place de part et d'autre des 53 kilomètres reliant Cérilly à Saint-Amand-Montrond (des centaines de camping-cars sont stationnés depuis hier sur le parcours) vont voir défiler les prétendants au maillot jaune, engagés dans une lutte qui bouleversera la hiérarchie.

"C'est important de partir le dernier, en effet", expliquait hier soir Carlos Sastre. L'Espagnol pourra compter sur les temps intermédiaires, comptabilisés kilomètre par kilomètre, de son partenaire Fabian Cancellara. "Physchologiquement, ce sera très dur", dit encore le maillot jaune. "Il va falloir que je donne tout. L'équipe m'a énormément aidé et permis que je me retrouve dans cette position, mais maintenant, ce sera à moi, et à moi seul, de me battre."

Carlos Sastre sait que les chiffres et comparaisons (voir par ailleurs) ne plaident pas en sa faveur. À Cholet, par exemple, lors de la 4e étape, sur 29 km 500, il avait concédé 1:16 à Evans, qu'il devance de 1:34 seulement. "Ce n'est pas grave, on ne peut jamais comparer deux chronos, les années ne sont pas les mêmes, les enjeux non plus", dit-il, fort à propos. "Ce qui sera la même chose que lors de tous les chronos, c'est que j'aurai extrêmement mal aux jambes. Ce qui sera différent, c'est que, cette fois, je porterai le maillot jaune. Ça me donnera plus de force, plus de confiance, plus de moral. Je sais que si je gagne, toute l'Espagne sera contente, tous mes compatriotes heureux. Mais je m'attends à souffrir du début à la fin. J'y suis prêt !"



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