Le tenant n'a pas changé mais est... plus fort

MONACO Sa victoire au Tour de l'an dernier ne l'a pas changé. Carlos Sastre se plaît d'ailleurs à dire, avec une pointe d'ironie, qu'il a "toujours la même femme et la même voiture" .

Le coureur d'El Baraco, un petit village entre Avila et Madrid, n'est en effet pas une vedette et on peut imaginer que le Grand Départ à Monaco ne le fait pas fantasmer. La gloire, les paillettes, très peu pour lui.

Si, humainement, le maillot jaune 2008 est resté le même, le coureur a, pour sa part, troqué un autre maillot, au propre comme au figuré.

À peine descendu du podium des Champs-Élysées, Sastre a quitté l'équipe CSC (devenue Saxo Bank) où il avait passé sept ans. "J'y ai vécu de bonnes années, mais l'expérience avait atteint ses limites" , dit celui autour duquel on a construit la formation Cervélo. Celle-ci étrenne d'ailleurs sur le Tour un autre maillot où la dominante noire avec des parements blancs a fait place au blanc à parements noirs.

Sastre, fidèle et solide lieutenant d'Olano, Jalabert ou Basso, est désormais l'unique leader de son équipe. L'an dernier, c'est avec Frank Schleck qu'il avait dû partager cette position et son attaque dans l'Alpe d'Huez, alors que le Luxembourgeois était maillot jaune, avait été très critiquée. "Sans cela, nous n'aurions pas gagné le Tour" , dit Sastre, qui a raison, puisque Schleck, qui l'a d'ailleurs reconnu pour la première fois avant-hier, a été devancé ensuite par quatre autres coureurs (Evans, Kohl, Menchov et Vande Velde).

"Pour la première fois de ma carrière, je vais être leader unique" , dit le tenant du titre. "Mon équipe est bien plus forte qu'on ne le dit. Je vais bénéficier du travail de l'équipe pour aider Hushovd. Je vois qu'on ne me cite pas comme favori, mais cela me convient."

Hier aussi, celui qui portera le n° 1 et le maillot jaune tout à l'heure quand il s'élancera sur le coup de 19 h 08, a tenu à remettre les choses au point par rapport à Armstrong. Sastre n'a pas encaissé le fait que le Texan a dit avoir voulu revenir l'an dernier en voyant que l'Espagnol, qu'il dominait autrefois, gagnait le Tour à 33 ans passés.

"Ce qu'il a dit n'était pas très correct. C'est son point de vue, ses mots, sa vie, mais ce n'est pas très intéressant. Armstrong est un grand champion, mais c'est aussi un homme, et il doit être respectueux."



© La Dernière Heure 2009