Ils étaient 22 au départ du Tour de France. Cela représentait le plus grand nombre de coureurs belges engagés sur la Grande Boucle depuis 1994. Et lors de la première semaine de course, nos compatriotes se sont montrés tous les jours ou presque.

L'occasion de dresser un premier bilan pour nos coureurs noir-jaune-rouge après neuf étapes.   

Des sprinteurs en vue chez Alpecin-Fenix

Commençons par Tim Merlier. Le sprinteur belge, arrivé sur le tard à la route, a remporté le premier sprint massif de ce Tour à Pontivy sur la 3e étape pour sa première Grande Boucle. À 28 ans, le coureur de Flandre Occidentale aime les premières puisqu'il avait également remporté le premier sprint massif de son premier Giro à Novare en mai dernier. Seule ombre au tableau, son abandon sur la route de Tignes ce dimanche. Merlier aurait aimé poursuivre le Tour et atteindre les Champs Élysées : "A un certain moment, j'étais vide et je ne pouvais plus suivre le tempo", a-t-il confié.


Qu'à cela ne tienne, le compagnon de Cameron Vandenbroucke a atteint son objectif en remportant la victoire sur le seul sprint qu'il a vraiment disputé, lui qui a emmené son équipier Jasper Philipsen à Fougères et à Châteauroux. Le jeune Anversois n'a, quant à lui, pas réussi à scorer lors de ses deux sprints, battu à deux reprises par le surprenant Mark Cavendish. Si la victoire lui a jusqu'ici échappé, Philipsen a terminé deux fois deuxième et une fois troisième et aura encore plusieurs opportunités de remporter une étape d'ici la fin de la Grande Boucle.

Van Aert juste à côté du maillot jaune

Hormis les deux sprinteurs de l'équipe Alpecin-Fenix, le Belge attendu lors de cette première semaine de course était Wout Van Aert. Malheureusement, le champion de Belgique a connu une préparation compliquée en raison d'une appendicite, ce qui l'a empêché de concurrencer Alaphilippe et Van der Poel lors des deux premières étapes à Landerneau et Mûr-de-Bretagne. S'il "n'avait pas les jambes" sur le chrono de Laval, ce dernier lui a permis de remonter à la seconde place du général. Le vainqueur de Gand-Wevelgem a tout tenté lors de l'étape du Creusot et le lendemain vers Le Grand Bornand pour prendre le maillot jaune mais s'est heurté à un Mathieu Van der Poel combatif et un Tadej Pogacar hors norme. 


Si ses rêves de jaune sont enterrés, Van Aert veut gagner une étape dans une équipe qui doit sauver son Tour de France après l'abandon de Primoz Roglic.

Si l'arrivée au Grand Bornand samedi sur la première étape alpestre n'a pas souri à Van Aert, c'est là que Dylan Teuns y a remporté la deuxième victoire de sa carrière sur les routes du Tour de France. Au sein d'une équipe Bahrain Victorious en feu depuis le mois de mai, le coureur de Diest a été le plus fort d'une échappée d'une trentaine de coureurs dans l'enchainement Col de Romme - Col de la Colombière et a résisté de justesse au retour de la fusée Pogacar pour s'imposer dans la cité haute-savoyarde.


Deux victoires d'étape pour les Belges, c'est déjà aussi bien que lors de l'édition précédente où Van Aert s'était imposé à Privas et Lavaur. Depuis le début du XVIe siècle, il n'y a qu'en 2001 et 2019 que les Belges ont remporté plus de deux victoires d'étape. Il reste encore deux semaines de course pour nos coureurs pour tenter de faire mieux.

Des coureurs belges à l'attaque tous les jours

Outre les succès d'étape, de nombreux autres Belges se sont montrés offensifs durant cette première semaine de Tour et certains d'entre eux sont passés tout près de la victoire d'étape. Après l'abandon sur chute de son sprinteur Caleb Ewan, l'équipe Lotto Soudal s'est résolument tournée vers l'attaque. Et cela a bien failli payer avec Brent Van Moer, l'une des révélations de ce début de Tour. À 200 mètres près, le coureur originaire de Beveren remportait le plus beau succès de sa jeune carrière à Fougères. L'équipe de la loterie nationale est également passée à l'attaque avec Philippe Gilbert, Tosh Van der Sande, Harry Sweeny et Roger Kluge depuis le début de cette Grande Boucle. Malheureusement, le poisson-pilote d'Ewan, Jasper De Buyst a lui été contraint d'abandonner ce dimanche en raison de problèmes au dos. 


Un autre Belge passé tout près d'une belle victoire d'étape en échappée est Jasper Stuyven. Sur la route du Creusot, le Louvaniste a été le dernier à s'accrocher à la roue de Matej Mohoric, futur vainqueur de l'étape, décrochant une belle seconde place, son meilleur résulat sur le Tour de France. Le coureur de Trek-Segafredo a encore prouvé qu'il était en forme ce dimanche en décrochant la 25e place de l'étape à Tignes sur un terrain loin d'être à son avantage.

Échappés respectivement sur la 6e étape (Tours-Châteauroux) et la 2e étape (Perros-Guirec - Mûr-de-Bretagne), Greg Van Avermaet et Edward Theuns sont tous les deux montés sur le podium protocolaire pour le Prix de la Combativité, tout comme Brent Van Moer après son numéro vers Fougères.

Jelle Wallays (étape 3), Jan Bakelants, Victor Campenaerts et Xandro Meurisse (étape 7), Tiesj Benoot (étape 8) ont également tenté leur chance dans des échappées depuis le début de ce Tour de France mais avec moins de succès.