Tour de France

L'Italien Marco Pantani et l'Allemand Jan Ullrich (2X), duo de tête du Tour de France 1998, figurent parmi les cyclistes dopés à l'EPO durant l'épreuve, selon les informations contenues dans le rapport d'une commission d'enquête du Sénat français sur la lutte contre le dopage, publié mercredi.

L'Américain Bobby Julich, troisième de l'épreuve, ne fait pas partie des cyclistes ayant eu recours à ce produit dopant avec certitude, d'après les tests rétroactifs effectués fin 2004, contrairement à des informations publiées mardi par le quotidien Le Monde.

Un des échantillons de l'Américain présente des traces d'EPO, selon la première méthode de détection de l'EPO en 2000, visuelle, mais ne présente pas tous les critères permettant de le déclarer positif (s'il s'était agi de contrôles à visée disciplinaire) selon les critères de l'Agence mondiale antidopage (AMA) alors en vigueur, contrairement à certains échantillons de Pantani et Ullrich.

Marco Pantani, décédé en 2004, avait réalisé en 1998 le doublé Tour d'Italie-Tour de France. Il n'a jamais été contrôlé positif durant sa carrière, même s'il a été exclu du Giro 1999 pour un hématocrite trop élevé.

Ullrich, a reconnu s'être dopé durant sa carrière en juin dernier, mais il n'avait fait mention que d'autotransfusions sanguines, non d'EPO.

Les autres coureurs dopés à l’EPO sont :  Cipollini, Jalabert, Zabel, Hamburger (2X), Beltran, Tafi, Serrano, Durand, Heppner, Blijlevens, Minali, Sacchi, Mazzoleni, Olano, Desbiens, Livingston (2X).

Le rapport fait aussi état de cas litigieux: A. Merckx, Steels, Brignoli, Turicchia, Chanteur, Moncassin, Julich, Meier, Calcaterra, Zanini, Mazzoleni, Barthe, O'Grady.

Ces coureurs ont été contrôlés positifs à une première méthode de contrôle mais ce résultat n'a pas été confirmé par une deuxième. Ils profitent du bénéfice du doute en quelque sorte. 

Les coureurs du top 20 non-cités dans le rapport: Rinero (4e), Robin (6e), Nardello (8e), Di Grande (9e), Baranowski (12e), Heulot (13e), Piepoli (14e), Van de Wouwer (16e), Jaksche (18e), Farazijn (19e), Teteriouk (20e).

Cela ne signifie pas pour autant qu'ils n'étaient pas dopés en 1998. Certaines analyses dont celles, par exemple, du Français Rinero ont été déclarées "inclassables".


Axel Merckx et Tom Steels litigieux mais pas positifs

Parmi les noms présents dans le document, on retrouve ceux de quatre coureurs belges. 

Axel Merckx, 10ème du Tour en 98 lorsqu'il évoluait au sein de la formation italienne Polti, et Tom Steels vainqueur de 4 étapes cette année-là, figurent dans les cas litigieux. 

Ils ne sont pas considérés comme positifs comme une seconde analyse n'a pu confirmer la présence d'EPO de la première. 

Les noms de Paul Van Hyfte et Peter Farazijn figureraient aussi dans le rapport. 





Les tricheurs de 98 ne craignent rien

Dans ses conclusions, la Commission a déposé 60 propositions afin de lutter plus efficacement contre le dopage. Celui-ci constitue un enjeu éthique (égalité de chances dans les compétitions) et surtout sanitaire (effets néfastes à long terme sur la santé des sportifs).

Le sénat est favorable à ce que l'on parle du dopage. "Parler du dopage ne nuit pas au sport mais contribue à lui rendre ses lettres de noblesse", selon la commission qui ajoute que "tous les sportifs de haut niveau ne sont pas dopés."

Le développement des contrôles inopinés, du ciblage et une réforme de la politique de sanctions figurent parmi les propositions. Sur ce dernier point, il est préconisé de transférer le pouvoir de sanction des fédérations à l'Agence Française de Lutte contre Dopage (AFLD) qui devra disposer pour ce faire de deux instances distinctes: une qui instruit et une qui arbitre.

La commission a aussi souligné que la mise en place de toutes ces mesures ne coûterait pas davantage.