La deuxième victoire d’étape d’un Belge sur ce 108e Tour de France, après le succès de Tim Merlier à Pontivy, est devenue réalité, samedi, dès la première étape de haute montagne. Deux ans après son succès à la Planche des Belles Filles, Dylan Teuns s’est imposé au Grand-Bornand, au terme d’une étape rendue extrêmement difficile par la pluie, durant laquelle il fut le seul à résister au retour de Tadej Pogacar, passé seulement douze secondes derrière lui au sommet du col de la Colombière mais qui ne put combler son retard dans la descente.

Le Belge n’a jamais été conscient que le Slovène le talonnait et après une plongée folle vers la station savoyarde, il s’est imposé très méritoirement.

"C’est formidable", reconnaissait le Limbourgeois que l’on vit encore à l’attaque, ce dimanche, mais avec moins de succès. "J’avais déjà tenté ma chance plusieurs fois et j’avais pointé cette étape. J’ai bien géré mes montées."

"J'espère que ma grand-mère n'est pas trop malheureuse"

Dylan Teuns a offert à son équipe, Bahrain Victorious, une deuxième victoire d’étape après celle de Matej Mohoric, vendredi, au Creusot, mais sa performance lui laisse aussi le regret de ne pas avoir pu convaincre à temps le sélectionneur Sven Vanthourenhout de le retenir pour les Jeux de Tokyo.

"J’aurais aimé y aller, c’est sûr", disait Dylan Teuns. "Je n’ai pas obtenu de bons résultats quand il fallait, notamment au printemps. Cette super victoire arrive trop tard, mais c’est comme ça."

Trois mois et demi après sa victoire à la Planche des Belles Filles, Teuns était revenu sur le lieu de ses exploits avec sa compagne Lies qu’il avait demandée en mariage à cette occasion et qu’il a d’ailleurs épousée le 30 octobre dernier. Samedi, c’est le doigt vers le ciel qu’il a franchi la ligne d’arrivée.

"Cette victoire est pour mon grand-père", avouait-il très ému. "Il est décédé avant le Tour. Son enterrement a eu lieu le lundi avant que je ne parte pour Brest. Pendant les dix derniers kilomètres, j’ai beaucoup pensé à lui. J’espère qu’il est fier de moi comme il l’avait été, il y a deux ans. Je pense à ma grand-mère, qui doit être fière aussi, j’espère qu’elle n’est pas trop malheureuse."