Comme il l’avait fait il y a deux ans, à La Planche des Belles Filles, Dylan Teuns a remporté une belle victoire de prestige, au terme d’une étape particulièrement difficile.

"C’est formidable", reconnaissait le Limbourgeois. "On a vécu une journée tellement dure, avec une météo vraiment compliquée, il faisait froid, nous étions trempés… Au début de l’étape, c’était très tactique et nerveux. J’avais déjà tenté ma chance vendredi mais ça n’avait pas marché, mais j’avais coché cette étape. Nous essayons d’être dans la bonne échappée, Wout (Poels) est parti seul car il visait le maillot à pois (NdlR : qu’il porte désormais). À partir de ce moment, j’étais tranquille, je ne devais plus faire que suivre."

Le Belge est resté confiant, même quand Michael Woods a possédé 50 secondes d’avantage.

"J’ai bien géré les ascensions, même si dans la deuxième, j’ai été un peu inquiet parce que dès le pied, c’est monté à fond, c’était difficile de suivre mais j’ai attendu le bon moment pour mettre la gomme", disait le coureur d’une formation Bahrain euphorique. Après Mohoric, au Creusot, le Belge offre à son équipe un deuxième succès de suite. "Notre niveau est très élevé depuis quelque temps , avec douze victoires en un bon mois. Nous n’avions pas eu un bon printemps, mais à partir du Giro, les succès se sont enchaînés. Nous avons travaillé très dur ces derniers temps."

Son exploit dans les Alpes donnera peut-être plus de regrets encore à Dylan Teuns de ne pas avoir été sélectionné pour les Jeux de Tokyo.

"J’aurais aimé y aller, c’est sûr", reconnaissait-il. "Mais je le sentais. Je n’étais pas si mal au printemps, je n’avais pas fait de résultats. Finalement, cette super victoire arrive trop tard pour les Jeux, mais c’est comme ça."

Le Belge n’a jamais été conscient que Tadej Pogacar était revenu à 12 secondes, à la Colombière.

"Il me semblait que j’avais besoin d’une minute d’avantage", avouait-il. "Mais avec le bruit, je n’entendais rien dans les oreillettes. Je pensais avoir fait le plus dur, mais je suis resté prudent car la route était très glissante, ce n’est qu’à 1,2 km de l’arrivée, que j’ai compris que j’allais gagner en voyant la voiture derrière moi."

Il y a deux ans, Dylan Teuns avait demandé sa compagne en mariage après son succès dans les Vosges, cette fois, c’est en pointant le ciel qu’il a franchi la ligne d’arrivée. Le coureur avait perdu son grand-père juste avant le départ du Tour.

"C’est un succès pour lui", avouait-il très ému. "Son enterrement a eu lieu deux jours avant que je ne parte pour le Tour. Pendant les dix derniers kilomètres, j’ai beaucoup pensé à lui. J’espère qu’il est fier de moi. Dans une famille, les grands-parents sont les personnes les plus importantes après les parents. Il y a deux ans, il était très fier après ma victoire. Aujourd’hui, je pense à ma grand-mère, qui doit être fière aussi, j’espère qu’elle ne souffre pas trop."