Lance Armstrong ne parle quasi pas à Contador, qui n'a pas été désigné leader unique

MONACO Pour ceux qui en doutaient encore, Armstrong a bien l'intention de défendre pleinement ses chances dans ce Tour de France. Il laisse les conférences de presse, toujours fatigantes, à Contador, mais l'Américain, lui, parle en aparté, un peu à tout le monde, laissant entendre à chacun que le Tour a beaucoup trop d'importance... Mais pour lui aussi, c'est l'épreuve qui compte. "On doit le gagner", confie-t-il ainsi. "J'ai dit aux jeunes que pendant un mois, on n'aura plus d'amis dans le peloton."

Le problème est de savoir aussi s'il compte beaucoup d'amis dans sa propre équipe. Mercredi dernier, il a retrouvé Contador pour la reconnaissance du contre-la-montre de Montpellier, mais ils ont à peine échangé deux mots. "Vous savez, il y a la barrière de la langue", s'excuse Armstrong. "Il n'y a pas de problème entre nous."

Ce n'est pourtant pas ce qui se dit en coulisses. Ainsi, Armstrong n'aurait pas beaucoup apprécié le fait que Bruyneel ait annoncé que Contador était le leader de l'équipe. "Il a lancé ça sur le site Astana, je sais", confirme le Texan. "J'ai demandé à Johan de m'expliquer pourquoi il avait dit ça. Parce que s'il y a un leader dans l'équipe, ce serait mieux si j'étais au courant..."

Voilà qui est clair ! Mais Armstrong veut que ce le soit encore davantage. "S'il y a un leader désigné à l'avance, OK, on roule tous pour lui et chacun sait à quoi s'en tenir. Je peux vous garantir qu'il n'a pas été question de cela jusqu'à présent." Lance Armstrong ne prétend pourtant pas qu'il va gagner ce Tour. "J'ai quand même arrêté pendant plus de trois ans et il faut que je reprenne le rythme. L'âge n'a rien à voir là-dedans. D'ailleurs, je serai plus fort en 2010, vous verrez." Ce qu'on verra sûrement, en tout cas, c'est un Armstrong supermotivé dès la première étape, ce samedi. "Ce chrono va déjà dégager une hiérarchie (NdlR : lisez dans l'équipe), même si l'on comptera les écarts en secondes. Les journalistes, le public, nos mécanos penseront : "tiens, c'est lui qui est devant". Je sais que Contador est un peu inquiet par rapport à moi. Mais il devrait vraiment s'inquiéter si je roulais chez Saxo Bank ou chez Columbia."



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