Eddy Merckx était hier à Paris et se réjouissait aussi de voir son fils et John Lelangue partager la joie générale

PARIS Le triomphe de Landis dans ce Tour de France est aussi, un peu, celui des Belges qui l'entourent. Alors que l'Américain fêtait ce mail- lot jaune qu'il avait cru, un moment, définitivement perdu au soir de l'étape menant à La Toussuire, Eddy savourait ces moments de bonheur et de joie intenses avec les intimes de l'équipe Phonak. Avec Andy Rihs, le sponsor, Amber, l'épouse de Landis, Bob Lelangue, le père de John, ou Jim Ochowicz, l'ancien manager de Motorola et ami personnel d'Armstrong. Sa joie était spontanée, réelle. On aurait presque dit qu'elle lui rappelait ses propres succès au Tour. Mais sans doute, aussi, était-il conscient que son fils avait joué un rôle essentiel dans cette Grande Boucle passionnante. "Je crois, en effet, que ce Tour fut très excitant et qu'il a le vainqueur qu'il mérite ", disait le quintuple lauréat de l'épreuve, un vainqueur qui a connu des hauts et des bas, un vainqueur humain, avec une force morale extraordinaire grâce à laquelle il a pu redresser une situation qui était compromise. Quand on lui fait remarquer que l'Américain a également réalisé un exploit à la Merckx , Eddy acquiesce. "Il y avait longtemps qu'un favori n'avait plus montré de telles choses dans un Tour de France. Rien que pour ça, Landis mérite de monter sur la plus haute marche à Paris. Quel panache, quelle force de caractère ! Je ne me lasse jamais des vainqueurs mais celui-là me fait plus vibrer que les autres, sans doute parce que mon fils fait partie de ses équipiers et qu'Axel rêvait de vivre un jour ce qu'il vient de vivre ce dimanche : être là, au sein de l'équipe gagnante. En plus, c'est vrai, Axel a réalisé un excellent Tour, en se dévouant tant et plus pour son leader." Le bonheur d'Eddy (qui avait appelé John Lelangue pour encourager Landis à attaquer, à ne pas laisser tomber les bras après sa défaillance) était aussi décuplé par le fait que le directeur sportif de l'équipe gagnante n'était autre que l'ami d'enfance d'Axel, le fils de Bob, qui le dirigea voici plus de 30 ans et qui l'accompagna ensuite, encore, dans ses affaires. "John, je l'ai vu naître, puis je l'ai vu grandir avec mon fils. Ils jouaient ensemble, ils firent du vélo un moment ensemble. C'est fabuleux qu'ils puissent connaître le bonheur de remporter, à eux deux, avec Landis et tous les autres, un Tour de France qui plus est de très grande facture !" Et, hier, ils ont partagé ces beaux moments de victoire sur les Champs-Elysées...



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